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Serenity - Codex atlanticus
Napalm Records
2016
Publié le 24/05/2016, par Platipus
J'ai découvert Serenity il y a quelques années, on m'avait alors offert "Words untold and Dreams unlived", premier opus du groupe. Sans avoir détesté cet album, il ne m'avait pas laissé un souvenir immense, à tel point qu'ayant été invité un peu plus tard à jouer lors d'un festival où les Autrichiens étaient tête d'affiche, j'avais quasiment oublié la musique qu'ils faisaient. 

Parce que oui, ce groupe nous vient tout droit d'Autriche et nous présentent ici leur cinquième album dans un style clairement orienté Metal Symphonique depuis leurs débuts en 2001. C'est donc la 15ème année d'existence du groupe qui a pu se produire dans toute l'Europe aux côtés des grands du genre comme Epica, Delain ou même Kamelot

Mais venons-en à cet album : "Codex Atlanticus". Je pourrai presque finir cette chronique ainsi : si vous êtes fan de Metal Sympho, achetez cet album, écoutez les anciens du groupe et vous serez ravis. Si en revanche les clichés du style vous insupportent, et que vous avez beaucoup de mal avec Nightwish, Epica et comparses, alors passez viiiiiite votre chemin et n'écoutez surtout pas.

C'est un peu court ? Bon ok... Allons un peu plus dans le détail. On a droit ici à 10 morceaux et une intro pour un peu plus de 52 minutes de musique. L'intro (qui donne son nom à l'album, "Codex Atlanticus") est typique du genre : un violoncelle, des cordes qui viennent accentuer l'ambiance, des toms et tambours qui nous amènent dans une ambiance à la "Pirates des Caraïbes", le tout monte petit à petit et on s'attend à ce que tout cela parte sur un premier morceau ("Follow Me") qui va nous en mettre plein les oreilles... Mais en fait non. 
On a droit à 20 secondes d'un piano tout seul... C'est joli mais on ne voit plus l'intérêt de l'intro qui fait "monter le bousin" pour rien... Ce sera d'ailleurs un problème un peu récurrent sur cet album, bien que cela fasse partie du style d'avoir ces parties un peu plus douces, bien que parfois trop sirupeuses à mon goût ("The perfect Woman"). 

Les morceaux s'enchaînent et on peut remarquer que la production est bonne : le son est excellent, très moderne et puissant, on distingue tous les instruments sans souci. Bref, on a là un très bon "produit". Niveau technique ça joue très bien, les musiciens maîtrisent sans problème (et pour les avoir vus en live, ça assure aussi à ce niveau), le chanteur Georg Neuhauser assure le boulot dans un style où le chant féminin est plutôt légion (et au passage, pour avoir pu discuter avec lui, le monsieur est adorable et très ouvert). 

Et là, vous allez vous diviser en deux catégories : ceux qui adorent le Metal Sympho, et ceux qui y sont un peu réticents (voire carrément allergiques). Du coup, ces prochaines lignes vont vous paraître positives ou négatives selon le camp choisi. 

Parce que Serenity nous délivre ici un album qui cochent toutes les cases du style : des orchestrations (très jolies et bien pensées) dans tous les sens, des riffs de guitare très Heavy et efficaces mais sans grande originalité, des soli qui ont tendance à reprendre la ligne de chant du refrain ("Reason"), des ballades mignonesques à souhait ("My Final Chapter"), le classique morceau avec un duo chant masculin-chant féminin ("The perfect  Woman"), des boîtes à musique, des mélodies au piano qui viennent casser complètement le morceau, etc.

De mon point de vue, c'est un peu ce qui me pose problème sur cet album. Sans être mauvais, il est dans les codes du genre, sans grande (voire aucune) originalité. Ca ressemble très fort à du Nightwish (jusqu'à l'intro de "Caught in a Myth" qui pourrait carrément être sur un album de Nightwish), ça peut être par moment aussi épique que du Epica et avoir ce côté un peu plus rentre-dedans. Bref, on rentre dans des cases avec cet album et au final on s'ennuie un peu (et pourtant je ne suis pas réticent au genre). L'apothéose pour moi reste quand même "The Perfect Woman" : un duo homme-femme sans aucune saveur, où on tombe dans la "Pop-Metal" insipide (à la manière du dernier album de Delain), avec l'ajout d'une voix féminine en guest qui n'apporte absolument rien si ce n'est tomber un peu plus encore dans le cliché. 

En résumé, vous adorerez cet album si vous êtes un fan absolu de Metal Sympho. Pour les autres, n'y jetez même pas une oreille tellement cet album, sans être mauvais (non mais vraiment hein ! En tout cas pour le style), n'apporte absolument rien et sent un peu l'album sans aucune prise de risque, uniquement là pour continuer à vendre dans un style qui définitivement (et ce n'est là qu'un avis personnel) s'essouffle de plus en plus.