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Battlelore
Entretien avec Jussi, par mail, mars 2007
Publié le 03/03/2007, par Guardian
Guardian : Bonjour! Comment te sens-tu en ce début d’année?

Jussi : Bonjour ! Je me sens bien. Je n’ai pas pris de résolution donc je n’ai pas de pression pour les tenir. Je suis excité que le nouvel album sorte enfin et ça fait vraiment trop longtemps que je n’ai plus fait de concerts. Ca va être terrible de revenir sur scène.

Guardian : Evernight est maintenant complètement terminé. Dans quel état d’esprit te trouves-tu ?

Jussi : Je me sens revivre et très fier. Après beaucoup d’efforts, Evernight est bien là et tend à être un bon et solide album. Il semble qu’il s’agisse de l’album le plus compact de notre discographie. Toutes les chansons s’enchaînent bien et correspondent au concept global.

Guardian : Comment s’est déroulé l’enregistrement de cet album ?

Jussi : Après « Sword’s Song » nous avons décidé de laisser tomber toutes les machines, samples et autres effets, pour se diriger vers une direction plus organique. C’était un très bon choix comme vous pouvez l’entendre sur « Third Age of the Sun », et nous avons conservé le même son et la même atmosphère pour « Evernight ». C’est ce qui nous fait sonner comme du Battlelore, et c’est le meilleur choix pour nous.
A propos de l’enregistrement, il a commencé en automne dernier quand nous sommes entrés au studio de Music-Bros à Imatra. Nous avons rencontré Miitri Aaltonen, notre producteur qui a déjà produit deux autres albums de Battlelore. Nous avons tous beaucoup évolué depuis notre dernière rencontre et nous attendions avec impatience le fait de refaire de la musique ensemble.
Nous avons pris beaucoup de temps pour trouver un son de guitare parfait, et le résultat en valait la peine. La batterie a été enregistrée plutôt rapidement, Henri Vahvanen est un bon batteur… Et nous voulions vraiment que l’ensemble sonne très live, avec un certain groove et de la vie dans notre jeu. Encore une raison de travailler le moins possible avec des ordinateurs. Nous avons ensuite eu besoin de deux semaines pour enregistrer les guitares et la basse. Ca s’est très bien déroulé, et la plupart des chansons ont été enregistrées dès la première prise. Après les grattes nous avons commencé les vocaux, puis ça a été à Maria et les claviers. Elle avait bien préparé son coup et a enregistré ses parties de synthé en trois jours seulement. On a ensuite ajouté quelques parties de guitares supplémentaires. En tout et pour tout, nous avons eu besoin de 6 semaines de studio pour « Evernight ».


Guardian : Peux-tu nous expliquer la signification d’Evernight ?

Jussi : Ca renvoie aux hivers interminables qu’on a en Finlande. Tu ne vois pas le soleil pendant deux mois, donc tu as l’impression qu’il fait toujours nuit. C’est également un nom utilisé dans le monde de Tolkien. Il s’agit du nom d’une partie de l’océan.

Guardian : La particularité de Battlelore est d’être très liée au Seigneur des Anneaux. Mais depuis « Third Age of the Sun », et ce même si les paroles traitent toujours de ce thème, votre music semble laisser peu à peu ces « musiques guerrières » de côté. Pourquoi un tel choix ?

Jussi : Ce n’est pas vraiment un choix volontaire en fait. Nous avons simplement évolué avec notre musique dans cette direction, qui est celle dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Nous n’utilisons plus de nom de Tolkien dans nos paroles, mais les choses sont toujours écrites de telle manière à ce qu’elles pourraient très bien arriver dans les Terres du Milieu. C’est parce que nous ne voulons pas de réactions en chaîne sur certaines visions des auditeurs, et nous préférons qu’ils aient chacun leur vision de la chose par leur imagination. Mais je pense que nous avons toujours ces « sons guerriers ». Tolkien a écrit d’autres choses que le Seigneur des Anneaux. Dans Evernight nous avons comme colonne vertébrale une histoire de Silmarillion qui s’appelle Akallebeth. C’est une histoire où l’Ile de Men devient folle et les gens commencent à envier les dieux pour l’éternité. Les hommes commencent à adorer les ténèbres et déclarent la guerre aux dieux. Ceux-ci deviennent très énervés et condamnent les hommes à l’oubli et coulent leur île. Ce sont ces éléments que nous essayons de retranscrire dans notre album. Dans le futur nous devrions faire des albums avec des concepts différents, et j’espère qu’ils sonneront tous d’une manière différente aussi.

Guardian : N’avez vous pas peur de perdre un peu votre identité par ce procédé ?

Jussi : J’ai plus peur que nous tournions en rond et que nos chansons sentent le réchauffé, simplement parce que nous sommes fixés sur notre passé. Nous ne crachons pas sur nos racines, mais en tant qu’artiste nous sentons le besoin d’évoluer. Notre son est resté relativement le même toutes ces années. Nous pensions nous même avoir fait un pas énorme dans notre musique, mais lorsque j’ai fais entendre le nouvel album à mes amis, ils ont dit qu’il sonnait simplement comme du Battlelore. Mais je pense que nos meilleurs travaux sont à venir, et que nous avons une identité si forte qu’on ne peut pas la perdre.

Guardian : Une autre particularité de cet album semble être que le chant soit plus que jamais en avant. Les guitares semblent prendre du recul dès que le chant arrive. Encore un choix volontaire ?

Jussi : Hmm. Nous n’avons pas pris de décision particulière à ce sujet. Nous avons simplement mixé les chansons une par une de manière à créer une dynamique qui correspond à notre son live. Mais oui, les chants sont assez en avant parce que nous avons remarqué qu’ils ne l’étaient parfois pas dans nos anciens albums.

Guardian : L’année dernière, vous aviez annulés un grand nombre de concerts, ce qui a déçu vos fans. La sortie imminente d’Evernight était-elle en cause ?

Jussi : Oui, c’était en effet une des raisons. Nous avions un calendrier très chargé, même sans cette tournée avec Draconian. De cette façon, nous avons pu peaufiner l’album et nous concentrer sur nos concerts pour cette année. Nous étions très excités à l’idée de faire cette tournée, mais ça semblait tout simplement impossible.

Guardian : Maintenant que votre album est sorti, Quels sont vos projets pour les mois à venir?

Jussi : Nous venons juste de terminer le clip de la chanson « House of the Heroes ». Actuellement on est plutôt occupés avec tout ce qui est interviews et promotion. Dans les mois à venir nous ferons pas mal de concerts. Le prochain est prévu en Russie, à St Petersbourg. Nous apparaîtrons sûrement sur quelques festivals. Enfin, à la fin de l’automne nous ferons une tournée européenne. Elle est toujours en planification et nous ne savons pas encore si nous viendrons en France. J’aimerais venir mais nous ne choisissons pas ce genre de chose. Il ne nous reste plus qu’à attendre.

Guardian : Quand vous regardez votre discographie, êtes-vous toujours aussi fier de tout ce que vous avez fait ?

Jussi : Ca sonne comme si nous ne devions pas ! Heheh ! Je pense que dans la vie en général, tu te dois de regarder ton passé et des respecter tes choix. Car ce sont eux qui font ce que tu es aujourd’hui. Je ris parfois de certains de mes actes passés mais j’en ris d’une façon positive. Mais en ce qui concerne le groupe, je ne regrette rien. Les choses ont été faites comme elles ont été faites le mieux à cette époque. Ce sont nos racines et j’en suis fier.

Guardian : Avez-vous déjà pensé au futur de Battlelore ? Serez-vous toujours liés à l’univers de Tolkien ?

Jussi : Je pense que oui, Battelore y sera toujours lié. La façon dont nous tournons notre musique autour de ce sujet nous donne tellement de liberté, que nous n’éprouvons pas la moindre anxiété de tomber en panne d’inspiration, tant au niveau musical que des paroles. J’espère que le futur de Battlelore sera constitué de concerts époustouflants et d’albums extra dans les prochaines années. Nous avons déjà commencé à écrire pour notre prochain album, et nous voudrions qu’il sorte assez rapidement.

Guardian : Juste une question sur tes goûts musicaux du moment.

Jussi : En ce moment j’écoute quelques vieux chanteurs traditionnels finlandais. L’album J.Karjalainen: Lännen Jukka est mon préféré du moment. Il joue du banjo en étant accordé très bas et chante de vieilles chansons des années 1920 et 1930. Il n’y a rien de plus qu’une voix et un banjo. L’autre album que j’écoute pas mal actuellement est Tuomari Nurmio: Tangomanifesti. C’est ce vieil homme, Tuomari Nurmio, qui chante de vieux tango avec sa vieille voix déchirée. C’est très mélancolique et rempli de vécu.

Guardian : Merci beaucoup pour avoir pris le temps de nous répondre. Un dernier mot ?

Jussi : Merci pour l’interview. Il y avait des questions intéressantes. J’aimerais bien en savoir un peu plus à propos de ce sentiment de « délaissement des sons guerriers », mais peut-être dans la prochaine interview ! Le bonjour à tous les Français et stay metal ! Nous espérons vous voir dans nos prochains concerts.