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Munshy
Entretien avec Faustine aux Cuizines (Chelles), le 2 décembre 2006
Publié le 02/12/2006, par The Chamois
C’est dans la salle de concert des Cuizines que j’ai eu le plaisir de rencontrer Faustine, la chanteuse de Munshy. Cet interview a donc permis de faire un point sur la carrière du groupe et il s’est transformé en véritable échange sur la musique dans le 77 et en général ! Un grand moment de bonheur !


Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Munshy, peux-tu nous présenter le groupe et sa musique ?

Faustine : Munshy, c’est un groupe de rock, formation rock’n’roll, basse, batterie, deux guitares, un chant. On fait du trip hop hardcore, ce qui signifie qu’à l’intérieur du rock, on va du trip hop à l’électro en passant par le hardcore bien metal, on vient du 77, cela fait cinq ans qu’on tourne et on a sorti un maxi en 2003 et on prépare la sortie de l’album pour l’année prochaine (2007).

Quel a été le parcours musical de chacun ?

Faustine : On a tous commencé notre instrument assez tôt, assez jeune, vers le début de l’adolescence, soit vers 17-18 ans et on est cinq personnes qui avons commencé à jouer dans des groupes très vite. On vient de plein de groupes différents et la vie a fait que l’on s’est rencontré par des groupes dans lesquels on a joué qui ont tous disparus depuis et on est un peu les cinq survivants qui voulaient continuer et en faire leur métier.

Y’a-t-il eu des changements de line-up ?

Faustine : Oui, Robby est un des gratteux arrivé il y a trois ans, on avait commencé avec Ishan, le maxi avait été fait avec lui, y’a juste eu ce changement-là.

Votre maxi est sorti en 2003, que vous a-t-il apporté ? En êtes-vous satisfaits ?

Faustine : On en est satisfaits car c’est un maxi qui correspond à ce qu’on était quand on l’a enregistré, on l’avait enregistré nous-même, dans un home studio, on a tout fait par nos propres moyens. C’est un maxi qui a bien vieilli, mais on a quand même réussi à rester trois ans avec pour démarcher, faire des concerts, on en est très fiers.

Cela fait déjà un moment que vous êtes dans le milieu musical, vous avez joué au Zénith en Allemagne…

Faustine : Le Zénith ,c’est dans le cadre des nuits blanches de Paris. Le Zénith s’ouvre aux groupes d’Ile-de-France, dans le 77, le réseau Pince Oreille envoie deux groupes pour les représenter. C’était assez émouvant (rires). Concernant l’Allemagne, c’est assez simple. On a gagné Emergenza sur le tout début de notre parcours, ils nous ont envoyé très vite en Allemagne et une fois que l’on a fini le tremplin, des gens ont continué à nous appeler d’Allemagne pour venir faire des concerts. Dès le début de la vie de Munshy, on a pu partir à l’étranger et c’était vraiment bien cool !

Avez vous bénéficiez d’aides d’assos seine et marnaise ?

Faustine : On a déjà eu Les Cuizines, et on a fait la formation Trampoline l’année dernière par ActArt (avec aussi RD23, Raskar Kapak et Myassa) et là, on a été gérés par le studio des Variétés et l’Inirep, l’Inirep nous coachait plus sur l’univers du monde de la musique, histoire de bien savoir dans l’avenir qui sont tes interlocuteurs et le studio des Variétés plus sur l’artistique sur les cours de chant, les coachings scéniques, etc.

Alors venons en maintenant à l’album ! Quand pourrons-nous le voir dans les bacs ?

Faustine : Je n’ai absolument pas la réponse maintenant ! (rires) On va le faire à la Munshy, on va encore prendre notre temps pour le sortir, histoire d’avoir quelque chose de vraiment bien.

Vous avez un réseau de distribution ?

Faustine : Ah non, justement on prépare tout ça. Actuellement ,on finit le visuel de l’album puis le démarchage va commencer. Le but pour le premier album serait de trouver un petit label indépendant et une petite bonne distribution et le sortir assez vite car on a déjà commencé à composer le deuxième album. Le premier album nous a pris beaucoup de temps, on s’y est bien posé deux ans pour le préparer. Le but serait de le sortir sur une structure assez simple et voir avec le deuxième là où on peut pousser un peu plus le délire.

Cela fait déjà un moment que vous jouez la set list de l’album?

Faustine : En fait, nous, on est un peu particuliers. Il y a absolument aucun lien entre ce qu’on joue sur scène et ce qu’on enregistre. On joue sur scène des morceaux qui ne seront jamais enregistrés. Des morceaux que l’on joue depuis cinq ans, mais que les gens connaissent quasi par cœur. Et là, on commence déjà à avoir les compos du futur deuxième album qui seront bientôt prêtes et feront bientôt parties du set.

Qui écrit et qui compose dans le groupe ?

Faustine : Un peu tout le monde, cela peut partir d’un son de gratte, genre un son électro où bien alors comme dans d’autres chansons d’un plan basse-batterie. Donc voilà, ça vient toujours d’une espèce de petit noyau. Tout le monde apporte sa petite touche, et à partir de la, moi, j’impose le thème de la chanson. Je commence à griffonner, à m’égosiller un peu puis après on avance tous ensemble.

Alors pourquoi le chant en anglais ?

Faustine : Bah en fait, on s’est jamais vraiment posé la question, quand on a démarré Munshy y’a cinq ans, j’ai instinctivement commencé à gratter en anglais alors que dans d’autres groupes que j’ai eu avant, j’ai écrit en français. Mais en fait, c’est essentiellement par rapport aux instrus qu’on me ramène, à chaque fois c’est l’anglais qui est arrivé sauf sur un des morceaux de l’album qui s’appelle « Jour de Pluie », où la, ça a été la grosse surprise, j’ai réussi à aller au bout d’un texte dont j’étais fière et dont je n’avais pas honte à chanter. Ca m’a pris cinq bonnes années pour que j’arrive enfin à faire un texte en français. Puis je pense que dans l’avenir y’en aura d’autres. Ce qu’il y’a, c’est que j’ai pas envie de choisir. Il n’y a jamais eu d’anti-français. C’est marrant, car les gens l’ont souvent pris comme ça, ou alors c’est mieux pour l’international, mais cela a été plus instinctif.

Alors par contre, je vous ai vu trois fois en concert et le moins que l’on puisse, dire c’est que vous avez un jeu de scène très développé ! Comment le travaillez-vous ?

Faustine : En fait, ce qui est marrant, c’est que j’ai jamais eu la sensation qu’on l'ait travaillé. On s’est beaucoup remis en question justement et quand on se revoit sur notre premier concert, on se dit qu’il y a eu du taf. On est cinq personnes très instinctives sur scène et je pense qu’il y’a un lâchage de base de cinq êtres humains qui arrivent sur scène. C’est une plate forme où on peut s’exprimer à outrances. On est pas des gens violents dans la vie, on est même plutôt « peace cool » (rires), mais la scène fait qu’il y a une rage, une expulsion qui est nécessaire et on l’a jamais vraiment travaillée. En fait, notre travail a plus été de se respecter, respecter quand c’est planant, quand c’est hardcore. Mais la patate qu’on a, on l’a eue dès le premier concert et elle nous a jamais quitté. Nous, on y va comme des guerriers, des guerriers positifs mais le but a toujours été de mettre une « putain de claque ».

Mais le plus drôle, c’est quand même de voir le public qui pogotte et slame, y compris sur des morceaux calmes comme « On My Shoulder ».

Faustine : Ouais, c’est très marrant ça ! (rires) Tu vois parfois des moments de violence de la part du public sur des moments où tu t’y attendais pas forcément, mais c’est ça qu’est bien, c’est agréable.

C’est marrant, j’avais noté deux nuances entre le concert que Munshy avait donné au metal fest en compagnie de Pitbulls In The Nursery et No Return où c’était un public de true death metalleux qui préféraient écouter la musique de Munshy et le concert donné au Bruit de Melun où vous étiez la face à un public de rockeurs skaters complètement en transe !

Faustine : Mais ça, en fait, on tombe sur des publics qui sont très différents parce qu’on est assez malléables. Quand on avait joué avec Pitbulls et No Return, c’était en fait pour colorer le festoche. Et ça nous est arrivé de faire la première partie d’Eiffel et du coup tu te confrontes pas du tout au même public, et c’est ça qui est super intéressant.

Alors maintenant, on connaît Eths ou Arch Enemy. Ce sont des femmes au chant qui chantent, ou plutôt qui hurlent, « Faustine : Oh oui ! Beaucoup plus que moi ! (rires) » Alors, comment travailles-tu justement le chant hurlé ?

Faustine : Ca a plus été de la maturité. Avant, quand j’étais ado, je jouais déjà dans des groupes de reprises où l’on reprenait du Rage Against The Machine, du grunge comme Nirvana, donc je me suis un peu fait la voix dessus et moi, j’ai appris à « gueuler » par rapport aux compos qu’on a dû faire. Les premiers morceaux ont été un peu des grosses étapes au niveau du chant. Par exemple, un morceau comme « Liberate », j’ai vite vu qu’il fallait que je fasse un truc hip hop. J’en avais jamais fait de ma vie ! Mais pour moi, la grosse difficulté a été de changer de type de chant, de passer d’un hurlement à quelque chose de tout petit.

Est-ce que les médias comme les journaux ou les radios se sont déjà intéressés à Munshy ?

Faustine : Alors pour l’instant, je vais te dire non dans le sens où l’on est pas beaucoup allés vers eux. Mais par contre, quant on a sorti « Liberate », on a eu pas mal de webzines qui sont venus vers nous et qui nous attendent bien comme il faut pour l’album (et nous aussi !) et cela fait bien plaisir. Et à l’époque du maxi, y’avait Hard’N Heavy qui nous avait fait une interview, c’était par rapport aux filles dans le metal. Puis on a aussi la presse du 77 quand on a une actu avec les Longueurs d’Ondes ou Le Transistor.

Et maintenant, vivez-vous de votre musique ?

Faustine : Non.

Et penses-tu que cela va arriver prochainement ?

Faustine : Bah c’est notre but absolu. Enfin, nous, c’est notre métier, on a des tafs alimentaires chacun de notre coté. Mais vivre de notre musique a toujours été le but, depuis la première repet même.

Est-ce que tu trouves que ça se bouge de plus en plus dans le 77 d’un point de vue artistique ?

Faustine : De toute manière, le 77, c’est le département d’Ile-de-France qui se bouge le plus pour nous faire tous jouer, même dans le délire de professionnalisation. La subvention Trampoline, c’est un truc parmi je sais pas combien d’aides que les groupes peuvent avoir à disposition dans le 77. Ce qui est marrant, c’est que quand on sort du 77, on commence un peu à avoir la réputation de « Ah vous, vous êtes du 77 ! », donc ça commence à être connu ! (rires). La où on s’en est d’ailleurs rendu compte, c’est quand on a joué au Bruit de Melun justement. Avec les deux scènes réservées aux groupes locaux ! Dans le 77, y’a énormément de groupes, énormément de musique, puis plein de choses différentes !

Bien, je te laisse dire un petit mot pour la fin !

Faustine : Alors pour les fans, patience pour l’album, il va arriver, je vous jure il va arriver, mais vous nous connaissez, on va prendre le temps pour le sortir. Puis on commence à avoir notre pré-tournée qui commence à s’organiser, on sera fin janvier avec Bawdy Festival à Champs-sur-Marne. Voilà, tout va bien (rires), faites ce que vous avez envie de faire !