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Interview avec Moonspell (Fernando Ribeiro) (23/03/2015)
Publié le 21/05/2015, par le_renard
Une heure avant l'ouverture des portes et le début du concert, on nous fait passer dans les coulisses du Ninkasi Kao (Lyon) pour rejoindre Moonspell, afin de réaliser cette interview. Nous traversons l'ensemble des backstage, des loges, dans lesquelles on peut apercevoir des gens (musiciens, roadies...) en train de discuter, manger ou se reposer. C'est tout au fond du bâtiment que l'on s'arrête, dans une sorte de hangar qui sert à entreposer le matériel.
Là, c'est Fernando Ribeiro lui-même qui nous attend, et nous invite à nous assoir autour d'une petite table ronde. De bonne humeur, il nous met à l'aise d'entrée de jeu.
 

LAM : Bonjour, tout d'abord merci d'avoir accepté de prendre le temps de répondre à nos questions, et de nous accueillir dans... 
Fernando : Ma cave ? (rires) 

LAM : L'endroit est un peu particulier, en effet (rires). Nous sommes donc ici pour parler ensemble de votre nouvel album évidemment, mais aussi de la tournée, et de Moonspell en général. Pour commencer cette interview, peux-tu nous parler de votre dernier album "Extinct" ? 
Fernando : Et bien, maintenant que Extinct est sorti et que nous sommes en tournée, je peux dire que tout était assez spécial. La façon dont l'album est venu dans nos vies, la façon dont nous avons travaillé dessus, écrit les compositions, etc... Chacun de nos albums a quelque chose de spécial, et marque l'esprit à un moment particulier de notre vie, surtout en tant que musicien. En ce qui concerne Extinct, je pense que quand nous avons commencé à l'écrire et à jouer ensemble pendant les répétitions, nous avons su que ce serait un album vraiment spécial : la direction musicale, la production (nous sommes allés en Suède rencontrer Jens Bogren), la façon dont les gens le voient, etc. Le public le considère comme un album spécial, pas seulement un album destiné à être joué en live ou à donner des interviews. 
De plus, je pense qu'après toutes ces années, la scène Metal a énormément changé. Moonspell n'est pas le centre d'attention, alors que d'autres groupes le sont. Mais les gens restent en quelque sorte fidèles, parce que la musique parle d'elle-même. C'est justement ce que nous voulions faire ; c'est la règle en musique. Ceux qui peuvent comprendre ça sauront qu'il s'agit là d'un album vraiment particulier, pour Moonspell mais pour les fans également. Certains n'osent pas faire dans la nouveauté et l'originalité, ils préfèrent rester prudents, en sécurité, faire des festivals, et construire leur carrière ainsi. Mais pour nous ce n'est pas un fait ou un problème. Nous avons eu tout ce que nous voulions pour Extinct

LAM : Comment a été l'expérience de travailler avec Jens Bogren ? Comment l'avez vous rencontré ? 
Fernando : Je le connaissais déjà parce qu'il a une liste de "clients" impressionnante comme Amon Amarth, Arch Enemy, Kreator et plein d'autres grands groupes. Mais ce n'est pas pour cette raison que je l'ai contacté. C'était juste du feeling, presque comme ça, à tout hasard. Nous pensions que Jens était une personne avec qui on aurait un bon feeling. Nous nous sommes basés sur un contraste, entre faire un album Dark, plus Gothique, avec un producteur qui travaille avec beaucoup de groupe Metal. Je pense aussi que nous avons contacté Jens au bon moment, tu vois. Non pas qu'il se lasse des autres groupes, il a un bon studio et produit de très bons résultats. Mais nous étions prêts et décidés à essayer quelque chose de complètement différent de ce qu'il a l'habitude de faire. Jusqu'à maintenant, même s'il a travaillé avec des groupes avant-garde tels que Opeth, Katatonia, Orphaned Land ou Rotting Christ, avec Moonspell c'était encore différent. Notamment parce qu'il a également pris part au process ! Il est venu au Portugal pendant quinze jours, puis c'est nous qui sommes allés en Suède pendant plus d'un mois pour les enregistrements. Mais en plus des conditions techniques professionnelles que nous avons trouvé en Suède, nous avons également trouvé un facteur humain important. Jens s'est lui-même beaucoup impliqué dans l'album. C'est le genre de producteur qui veut faire avancer Moonspell plus loin, il a vraiment adoré l'album. Il ne s'agit pas de jouer vite, mais de donner une musique puissante. Nous sommes vraiment très contents de Jens, je pense que nous avons trouvé la bonne personne pour traduire tout ce que nous voulions d'Extinct.







LAM : de quoi traitent les paroles d'Extinct ? Y a-t-il un thème principal ? 
Fernando : Le sujet principal est l'extinction, mais aussi la façon dont nous la combattons et la façon dont nous essayons de combler le vide. Quand j'ai présenté Extinct, c'était plus orienté vers quelque chose qui se termine et qui ne revient jamais. Des choses de la vie, les amis, les femmes ! (rires) Des lieux également, des choses qui ne sont plus dans ma vie. J'ai maintenant 40 ans, il est venu le temps dans la vie d'un homme de considérer que nos références ont disparu. C'est un sentiment assez étrange, tu te sens comme une espèce animale en voie d'extinction. Nous avons interviewé un professeur pour avoir son point de vue à propos de l'extinction et savoir comment les gens la combattaient. Parce que c'est trop facile pour moi d'arriver là, de faire un album en disant que tout est mort. Ce n'est pas le sujet que je voulais explorer. Je voulais approfondir la façon dont on préserve nos valeurs alors que tout est si sombre autour de nous.
Les paroles alternent entre des textes très personnels et d'autres plus orientés dans un contexte général, disons biologique : l'extinction des plantes, des animaux, de toutes ces espèces qui disparaissent de la planète. Cela crée une sorte de chaos, déséquilibre la balance, d'une manière que les gens n'auraient jamais imaginée.

LAM : je comprend tout à fait le thème. Extinction est un mort "fort", mais on sent un certain espoir dans les paroles des chansons. Même si tu as un titre "The future is dark", il y a une pointe d'espoir quelque part, comme une lueur. 
Fernando : Nous ne sommes pas un groupe nihiliste. Nous ne sommes pas du même côté que les groupes de Black Metal ou Dark Metal qui disent que l'humanité ça craint. Oui on craint, mais on a de bonnes choses aussi. Je ne suis pas un mec pessimiste. Je suis un optimiste vivant dans la noirceur. Après tout, je suis un combattant. L'optimiste, c'est combattre quelque chose. Bien entendu, je ne parle pas de faire la guerre, ce n'est ni optimiste ni pessimiste, c'est juste cruel, mais je veux dire se battre pour toutes ces choses de la vie, les malheurs, les chagrins... 
Regarde toutes ces paroles misanthropiques et sans espoir que l'on trouve surtout dans le Black Metal : quand tu rencontres les auteurs, tu t'aperçois que ce ne sont que de jeunes gens. Ils n'ont guère d'expérience de la vie, n'ont jamais eu à faire face aux difficultés de la vie... 
"Nous venons tous de Scandinavie !". Tu sais, le gouvernement leur verse de l'argent pour partir en tournée... C'est très différent au Portugal, et en France aussi. Dans le sud nous devons nous battre. Nous ne vivons pas dans la neige froide. Nous vivons sous un soleil brûlant.
Je pense que le premier facteur de la musique de Extinct, c'est sa qualité rédemptive. Le Salut, en quelque sorte.
Les paroles sont très humaines, tu vois. Quand tu prends une photo avec ton iPhone, une image noire, parfois il y aura des textures brillantes, et le noir n'aura pas la même teinte sur ton smartphone. Ce sont des différentes nuances de noir que Moonspell explore. 
Nous ne sommes pas un groupe disant qu'il n'y a plus aucun espoir. Nous savons que l'avenir est sombre ("the future is dark"), je crois que nous allons dans la mauvaise direction. Mais je suis là ! Je ne me suis pas suicidé, je fais des disques (rires). Et donc tout part de là. La musique est aussi une recherche ; je ne souhaite pas donner des réponses aux gens qui nous écoutent. En fait, si tu parcours nos paroles, tu verras qu'on soulève beaucoup de questions. 

LAM : Musicalement, comment définirais-tu Extinct ? 
Fernando : C'est difficile de définir la musique... Je dirais que c'est du Moonspell, mais ce n'est pas la réponse que tu attends... 

LAM : est-ce que c'est quelque chose de vraiment nouveau ou bien es-tu allé piocher des choses dans les albums passés de Moonspell ? 
Fernando : Oui, on va toujours piocher des éléments à droite à gauche. Nous changeons beaucoup, mais je pense qu'on a un son caractéristique, depuis "Under the Moonspell", "Wolfheart" ou les autres albums. Je pense que c'est la collection des meilleurs mots, c'est une sorte de Dark Gothic Rock si tu préfères. Nous avons des moments Rock, mais pas tout le long de l'album. C'est aussi atmosphérique, c'est le Dark Metal que j'aime écouter aussi. 
C'est adulte, et pas fait par des adolescents ; c'est sérieux et solennel, mais avec un soupçon d'exubérance, avec notamment des influences orientales. Oui je pense qu'on peut définitivement catégoriser notre musique dans le Dark Metal. Je ne sais pas vraiment quels autres groupes de Dark Metal on trouve aujourd'hui, mais nous avons des racines Metal, et de fortes influences Gothiques et Darkwave. Sur cet album je ne m'inquiète pas de savoir comment les gens appellent notre musique. Que ce soit Rock, Metal ou autre chose, ce n'est pas ce qui me préoccupe. 

LAM : j'ai entendu dire que vous aviez fait appel à un orchestre pour le titre "Medusalem", qui sonne typiquement oriental et arabisant. Peux-tu nous en dire plus ? 
Fernando : J'adore la musique du Moyen-Orient, qui est relativement importante au Portugal, j'adore la façon dont elle est jouée, avec ce côté mystérieux des 1001 nuits. Mais malheureusement aujourd'hui, les gens parlent des pays arabes pour de mauvaises raisons, notamment à cause du terrorisme en ce moment. Mais ils oublient que c'est un peuple qui veut vivre en paix, avec une grande culture, de grands écrivains, musiciens, auteurs... Les gens passent à travers tout ça, et cela leur cause du préjudice.  
Notre chanson "Medusalem" parle d'harmonie avant toute autre chose. Pour ça, nous avons fait appel à l'Orchestre de Turquie/Israël. C'était assez difficile de les contacter, car nous ne parlons absolument pas le Turc. Mais nous avons réussi à gérer ça par l'intermédiaire d'une fan, qui a eu la gentillesse de nous aider. Nous avons aussi des fans en Turquie, et nous sommes très contents de cela ! Nous connaissons aussi une fille, qui vit à Téhéran en Iran, car pour des raisons politiques et religieuses, elle ne peut malheureusement pas retourner dans son pays d'origine, l'Irak. Nous avons également été en contact avec Yossi Sassi (ex-Orphaned Land) d'Israël. 
"Medusalem" est en réalité une chanson assez curieuse. Tous ces gens jouant ensemble, avec les Portugais évidemment, pour moi c'est le point essentiel que "Medusalem" transmet. J'aime cette façon dont l'orchestre rend la chanson vivante. Pour moi c'est différent de ce que font les autres groupes qui utilisent un orchestre. Nous sommes complètement Ali Baba ! (rires)

LAM : quelle surprise de t'entendre interpréter une chanson entièrement en français ! Peux-tu nous expliquer qui est ou ce qu'est la "Baphomette" ? 
Fernando : Je parle un peu le français, même si je suis un peu rouillé. Mais je le lis parfaitement. J'ai étudié le français à l'école, notamment les poètes comme Baudelaire, Verlaine, ou Paul Eluard. Cette chanson me rappelle le cabaret, le burlesque. Je me suis dit, pourquoi ne pas la chanter en français ? Les gars de Moonspell m'ont regardé bizarre, mais ont finalement dit "non, tu n'es pas fou, ça rend pas mal !". 
J'y ai mis mes propres paroles, ce ne sont pas des extraits de poèmes. Pour moi la Baphomette est une sorte de danseuse exotique, qui crée le chaos cosmique quand elle danse, quand elle s'ennuie. C'est une chanson qui vient hors des sentiers battus, quelle idée dégénérée ! Mais Moonspell a toujours cherché à être avant-gardiste, et nous mettons un point d'honneur à conserver nos influences, non limitées au Metal. 

LAM : Peux-tu nous dire quelques mots en Français ? ou des phrases que tu connais ? 
Fernando : "Je veux canarde avec Bourgogne." En fait quand Moonspell a fait le Motocultor festival, on nous a servi du canard avec du Bourgogne, c'était incroyable ! 

LAM : Selon toi, quelle est la chanson la plus représentative d'Extinct ? 
Fernando : Difficile à dire. J'aurais dit "Breathe", la chanson d'ouverture, qui se trouve être le début de tout. Mais pour moi la chanson qui représente le mieux l'esprit de Extinct est celle qui est la plus différente ; pas "La Baphomette", mais "The future is dark". Ce n'est pas une chanson Metal à proprement parler, mais quand on la joue en live, les gens en sont dingues. C'est un morceau insidieux, le public sent que quelque chose leur arrive. Elle transmet des émotions, de la fragilité. Les autres morceaux d'Extinct également, bien sûr, mais ces deux-là sont probablement les plus représentatifs du style qu'on voulait apporter avec Extinct.





LAM : parle-moi de l'illustration de la pochette. Elle a été réalisée par Spiros de SepticFlesh : est-ce la première fois que tu travailles avec lui ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Fernando : Je l'ai rencontré il y a quelques années, quand j'ai vu ses oeuvres. Je connaissais SepticFlesh, à l'époque ils revenaient avec "Communion", formidable album, et j'adorais l'artwork. Seth Anton est très talentueux, il maîtrise ce mélange entre horreur et beauté, le dégoûtant et l'esthétique.  
J'aime beaucoup l'art, aussi. Chaque fois que je le peux, je me rends à des expositions, des trucs comme ça... Quand j'ai vu ses pochettes, j'ai fait "wouah, ce mec crée des pochettes Metal superbes !". Il ne s'agit pas d'un logo de groupe, ou de filles en couverture, non, il fait autre chose. Alors je l'ai appelé évidemment, en disant que Moonspell serait ravi de travailler avec lui. Pour utiliser l'expression française, on lui a laissé "carte blanche" pour faire ce qu'il tout voulait, parce que c'est un artiste. On n'est pas venu vers lui pour lui dire "je veux que tu fasses ça et ça, ça comme ça", etc. Bien sûr il y a un concept, des textes, bien sûr qu'il n'allait pas mettre un âne sur la pochette (rires). Mais il a eu la liberté d'illustrer selon sa propre imagination. Je pense que c'est la façon dont doit travailler un artiste. 
Il a donc réalisé cette pochette, assez dérangeante d'une certaine manière, mais aussi mystique, dégageant une atmosphère qui peut soulever des interrogations auprès des gens. Je pense que c'est une bonne chose de nos jours de faire réagir par rapport à la pochette, je crois donc que nous avons fait le bon choix. C'est une cover forte, un album fort, un artiste fort ! Je vraiment très content du résultat, il a travaillé dur et fait des choses merveilleuses. 

LAM : et dans le futur tu seras probablement amené à collaborer de nouveau avec lui ? 
Fernando : S'il le souhaite, et si on le sent bien, pourquoi pas ! Tu sais, on n'aime pas se répéter, mais on lui fait confiance. C'est un artiste, qui aime le challenge de réaliser de nouvelles choses. 

LAM : quels sont les premiers retours que vous avez eus du public au début de cette tournée 
Fernando : Les retours sont très bons chaque soir. De plus en plus de personnes sont présentes pour les concerts, c'est je pense la conséquence que les gens apprécient le nouvel album. Le public adore les nouvelles chansons autant qu'ils adorent les classiques. On joue beaucoup de nouvelles chansons, bien sûr, on ne vient pas sur scène pour commencer avec "Opium". Mais on joue quand même "Opium" (rires). On veut faire un show comme une petite pièce de théâtre, avec un début, un milieu et une fin. La réponse du public est très très bonne. Ce soir c'est sold-out, Paris est sold-out, "merci bien France".  
La tournée se met en place petit à petit. Typiquement, on a commencé par de la promotion en Suède. Maintenant nous sommes sur la route, et avons d'excellentes conditions, on joue devant des publics incroyables, c'est génial. Et de plus, on adore jouer cet album en live ! On prend du plaisir à interpréter les nouvelles chansons, et je pense que les gens le remarquent.
Et puis on a de bons retours également dans la presse, même si je ne lis pas tout. C'est assez extraordinaire, vraiment. 

LAM : cette année c'est le vingtième anniversaire de la sortie de "Wolfheart" ; que vois-tu si tu regardes en arrière sur ces vingt dernières années ? 
Fernando : Je vois quelque chose que je n'aurais jamais cru possible de se produire, mais qui s'est réellement passé. Nous sommes toujours très proches de Wolfheart. C'est nos racines. Il ne s'agit pas de notre premier enregistrement, mais de notre premier album. C'est incroyable de voir que nous jouons encore des chansons de cet album, après toutes ces années, elles ont traversé le temps ! C'est merveilleux, jamais nous n'aurions pensé ça à l'époque. Je veux dire, j'avais 21 ans quand on a enregistré Wolfheart... Je n'aurais jamais pensé qu'il deviendrait un album important, pour les gens, pour la scène, pour nous, pour le Portugal ! 
On va donc essayer de célébrer cet anniversaire du mieux que nous pouvons, en incluant quelques chansons dans la setlist. Et si on a le temps, nous ferons peut-être une tournée spéciale Wolfheart. Je ne sais pas quand, ça risque d'être difficile, parce qu'avec la tournée actuelle on va au Sud de l'Europe, à l'Est, en Amérique Latine, puis viendra la deuxième partie de la tournée (en octobre 2015). 
De manière plus générale, c'est génial ce qui nous est arrivé ces vingt dernières années, on ne se rend pas compte qu'autant de temps soit passé. Nous avons vécu de belles expériences. Nous étions jeunes et venions du Portugal, sans réelle expérience, alors qu'en Allemagne ou en Suède par exemple, tout le monde sait comment s'y prendre pour enregistrer un disque... C'est un process difficile, mais qui a fini par payer.






LAM : nous vous voyons relativement souvent sur les scènes françaises. Est-ce que vous aimez jouer en France ? 
Fernando : J'adore jouer en France ! Parce que les gens ont bon goût (rires) ! Ils nous supportent, ils sont amicaux et enthousiastes. Le public français n'est pas froid comme d'autres groupes peuvent le penser. En fait c'est plutôt le contraire, il est chaleureux. Nous recevons des retours étonnants chaque fois que nous jouons en France. 
La France et le Portugal s'apportent un respect mutuel. Au Portugal, la France n'est pas vue comme certains autres pays qui semblent perdus et peu importants. Non, au contraire, la culture française est très présente. Nous connaissons Yves Montand, Le Chant des Partisans, L'enfant Sauvage, tout cela fait aussi partie de notre culture. D'autres ne connaissent l'Enfant Sauvage que par l'album de Gojira et ne savent pas qu'il s'agit d'un film de François Truffaut. On sait que les Français sont très attachés à leur patrimoine culturel, c'est bien ! 
Donc oui, venir ici, donner des concerts, des concerts complets qui plus est, comme sur cette tournée, c'est plus fort que tout ! 

LAM : Merci pour le temps accordé à cette interview. Un dernier mots pour nos lecteurs 
Fernando : Merci pour tout ! A bientôt sur les routes !