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Duckbill Crisis
Interview avec Aurore et Damien
Publié le 19/11/2015, par Firiel
Reporters de terrain avant tout, Les Autres Mondes ont envoyé Firiel pour interviewer le groupe Duckbill Crisis, dans un endroit assez insolite, puisque l'entretien a eu lieu directement au domicile de la chanteuse et du claviériste !

LAM : Bonjour Duckbill Crisis ! Pouvez-vous nous présenter le groupe ?

Damien : Nous sommes Duckbill Crisis, un groupe de Patchwork Metal de Lille dans le Nord de la France. Le groupe a été créé il y a trois ou quatre ans par Aurore (la chanteuse) et moi-même. L'idée de base était de créer quelque chose de différent d'un groupe à chant féminin "classique" de Metal Sympho ou un truc du genre. Musicalement, on voulait mélanger tout ce qu'on aimait, sans se limiter au Metal. Nous voulions également quelque chose de très visuel, et plutôt que d'enchaîner des morceaux sur des sujets différents, nous voulions vraiment raconter une histoire complète.
Nous avons donc créé Duckbill Crisis ; Fred nous a ensuite rejoint à la guitare, Dereck à la batterie. On a changé de bassiste récemment, Max vient d'intégrer le groupe à la basse depuis quelques semaines. On a sorti notre album "Chimera's Circus" en mai 2015.





LAM : Pouvez-vous définir plus précisément ce que vous entendez par "Patchwork Metal" ?

Aurore : Il y a plein de sous-catégories dans le Metal, il y en a des milliers... On ne sait jamais trop où se caser, et ça nous faisait rire d'en créer une en plus, mais complètement décalée, un peu second degré, dans l'esprit du groupe, quoi ! "Patchwork Metal" c'est un mélange de plein de choses, c'est un nom marrant, et il ne faut pas chercher plus loin, en fait!

Damien : C'est ça. Notre musique est un mélange de plein de trucs, sur une base Metal. On a un morceau qui part en Disco, un morceau qui part en Ska, un autre qui est la réécriture d'un air classique... Tout cela collait bien au style, et c'est aussi l'idée que l'on véhiculait sur notre premier logo qui était un ornithorynque : un mélange de plein de bestioles pour faire un truc complètement improbable.


LAM : Comment vous est venue l'idée de créer "Chimera's Circus" ?

Aurore : Complètement dans le désordre. Damien a commencé à composer quelques morceaux, et moi je voulais écrire des histoires. A la base, j'ai une formation de scénariste, mais j'adore raconter des histoires. On s'est dit qu'on allait intégrer ça, tout en mettant l'accent sur l'aspect visuel. Au départ je me suis mise à chercher des idées de déguisements, sans avoir aucun scénario, et puis je suis tombée sur des costumes de cirque. On a alors décidé d'écrire sur le cirque. Tout est parti de là. Nous avons pas mal d'influences fantastiques, fantaisy, et on a eu cette idée de chimères, empruntée à la mythologie grecque, qui est venue s'insinuer là-dedans.

Damien : Ceux qui ont déjà écouté l'album le savent, il y a beaucoup de pistes, mais au final, nous n'avons que neuf chansons. Entre deux, il y a aussi tous les interludes qui racontent l'histoire. L'idée est vraiment de conter sur album ce qu'on présente sur scène. L'idée de "Chimera's Circus" est vraiment venue de là, on voulait raconter une histoire qui mettrait en scène notre musique. 


LAM : Comment avez-vous collaboré avec la voix off, qui raconte l'histoire sur les interludes ? 

Aurore : Il s'agit de monsieur Bernard Deletré. A la base il est chanteur lyrique. Il a commencé sa carrière dans le baroque en France puis l'a poursuivie aux Etats-Unis dans un répertoire plus vaste. Il est aussi narrateur, récitant, metteur en scène. Je l'ai rencontré lors d'un examen de chant lyrique. Il était dans le jury. J'ai ensuite intégré son atelier d'arts lyriques qui met en scène des opérettes, et des opéras comiques. Chaque fois que je l'écoutais en répétition, je me disais "c'est la voix qu'il nous faut", mais je n'osais pas lui demander. Et finalement, au bout de trois mois je lui ai quand même fait part de notre projet, et il a tout de suite été partant.

Damien : Il est alors venu enregistrer tout ça ; ça a duré trois quarts d'heure à tout casser, mais c'était génial. Dès qu'il a commencé à parler et à raconter, on était dedans, et on s'est dit que c'était vraiment ce qu'il nous fallait. On avait fait des essais avec certains d'entre nous, mais ça n'a rien donné de très probant.

Aurore : On était parti sur l'idée que c'est moi qui ferait la narration, mais je ne suis pas super comédienne, et le problème était que ç'aurait toujours été la même voix qui racontait et qui chantait, cela aurait été un peu lassant.

Damien : Marie de Alwaid nous a aussi bien dépanné à un moment, elle a fait ça super bien, mais on voulait une voix d'homme... Bernard a vraiment une voix de narrateur, comme dans les Disney. Du coup, ça collait bien avec l'univers du cirque ; dans notre enfance on a toujours été attiré par le cirque, certains en ont peut-être même eu peur...


LAM : Moi typiquement, les clowns m'effrayent !

Damien : On a bien fait de ne pas se déguiser, alors ! (rires) Donc voilà, la voix de Bernard collait super bien à ce que nous voulions faire. 





LAM : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l'illustration de la pochette ?

Damien : Et bien tu vois, là nous sommes à la maison, et autour de toi tu peux voir exposés tous les dessins qui ont servi à l'album. Ils ont été réalisés par Emeline Thorner, une jeune artiste d'à peine dix-huit ans. 
A l'époque, on avait sorti un tee-shirt avec des petits personnages qui nous représentaient, mais super déformés. On avait adoré ce qu'elle avait fait. Et au moment où on cherchait un ou une graphiste pour l'album, on est tombé sur des dessins qu'elle avait faits à l'aquarelle, et on a trouvé ça super joli. Aujourd'hui, la plupart des illustrations des albums sont très travaillées, avec beaucoup de textures faites à l'ordinateur. C'est très joli, et souvent très bien fait, mais ça ne colle pas avec ce que nous racontons. Nous voulions un artwork qui illustre parfaitement notre histoire et ce que l'on raconte. Et du coup, ses dessins dans le livret et sur la pochette restent assez enfantins, mais sombres. Toutes les illustrations ne sont que ses dessins, pas retouchées à l'ordinateur, et c'est vraiment ce qu'on voulait pour cet album-là. Emeline est vraiment très douée, on la remercie encore pour son travail. 
Et donc autour de toi tu as tous les originaux ! Pouvoir récupérer les artworks de ton album et les accrocher chez toi, c'est quand même sympathique !





LAM : Avez-vous des concerts prévus prochainement ?

Damien : Oui en effet, on joue dans deux jours à Bruxelles avec Heonia qui sort son deuxième album et qui commence sa tournée promotionnelle. Je fais un peu de pub pour Heonia, parce que j'en fais aussi partie ! (rires) On sera avec Azylia, plutôt connu et qui font des choses très sympathiques aussi. 
On jouera ensuite au Fils d'Odin, un bar viking entre Lille et Dunkerque, avec The Losts, qui ont aussi un concept assez visuel sur scène et sur leur album, donc ça collait bien, on est très content de jouer avec eux.
On jouera également le 23 janvier à Valenciennes. Nous avons d'autres projets sur 2016, et puis nous sommes en train de planifier d'autres dates, peut-être plus loin, du côté de Lyon ?

Aurore : la ville de mon enfance :)


LAM : Peux-tu nous parler un peu plus de toi, Aurore ? Quel est ton parcours musical ?

Aurore : Mon père a voulu me mettre à la guitare dès l'âge de sept ans, mais j'étais trop petite et je n'arrivais pas à faire le tour de l'instrument avec mes bras. J'ai dû attendre mes 9 ans pour commencer à prendre des cours dans une MJC. Cela a duré deux ans, mais ce n'était pas des super cours, je n'y ai pas appris grand chose. Après nous avons déménagé, et j'ai ensuite repris les cours à fond jusqu'à mes 17 ans, puis je me suis faite opérer de la main. 
Je chantonnais toujours pour m'accompagner à la guitare, mais j'étais tellement timide que pour moi il était inenvisageable de passer devant et prendre le micro. Mais après cette opération, je me suis rabattue sur le chant, un peu par dépit, mais au final, je me suis révélée être plus douée au chant qu'à la guitare ! 
J'ai commencé à chanter avec mes anciens camarades guitaristes pour rester avec eux, puis j'ai rencontré d'autres musiciens avec qui j'ai monté un groupe de Metal (Narkhesis). Il y avait d'ailleurs Max à la guitare (aujourd'hui c'est notre nouveau bassiste).
Je n'avais aucune technique pour le chant, et je me blessais un peu. Je suis alors allée voir une prof de chant, qui m'a testée, et qui m'a dit que j'avais une voix naturellement placée lyrique. Je pensais être un peu vieille pour ça, mais j'y suis allée quand même. C'est passé, je suis entrée au Conservatoire et j'ai continué mes études là-dedans.
J'ai dû arrêter mon groupe pendant les deux ans de Conservatoire, parce que je faisais n'importe quoi en dehors. Ma prof du Conservatoire m'a mise sous "résidence surveillée" (rires). Après ces deux ans, j'ai changé de prof, j'ai travaillé avec Nobuko Takahashi, mon mentor, qui elle m'autorise tout à fait le chant en voix saturée tant que je suis en état. 
J'ai rejoint le groupe Diptic, un groupe de Rock Symphonique, où j'ai rencontré Fred, devenu notre guitariste actuel. Après Diptic il y a eu Horkan, j'y suis restée un an et demi je crois, puis différents groupes de Jazz-Fusion, Rock, Blues, et puis finalement Duckbill Crisis.
Aujourd'hui je fais toujours beaucoup de classique, j'adore ça ! Etre mezzo permet de jouer plein de rôles différents, de travestis, d'allumeuses démoniaques, de vieilles sorcières ! (rires)





LAM : Pour terminer, un petit mot pour nos lecteurs ?

Damien : Merci au webzine Les Autres Mondes, un gros bonjour aux lecteurs (il s'interrompt) Excusez-moi, y a le chien qui veut parler, il fait "Ouaf ouaf" aux lecteurs des Autres Mondes (rires). N'hésitez pas à nous retrouver sur Facebook, sur Internet, et venez nous rencontrer lors de nos dates, et puis si vous voulez vous faire une idée, il y a une chronique sur Les Autres Mondes ;-) 

Aurore : A bientôt, et on espère écrire prochainement de nouvelles histoires ! Merci !