~ Mon compte ~

SYLAK OPEN AIR : Entretien avec Laure et Mike (The Rock Runners)
Publié le 02/09/2016, par le_renard
LAM : Pouvez-vous présenter brièvement le Sylak Open Air ?
Laure : Le festival est né il y a 6 ans, à la réunion de l'association The Rock Runners avec Nicolas, un local de Saint-Maurice de Gourdans. A l'époque, c'était juste faire une petite sauterie entre copains, avec pratiquement que des groupes du coin ! Initialement, le festival était début Septembre et sur 2 jours, on a déménagé en août pour avoir plus de choix pour la programmation.
On s'est laissés portés par la motivation des gens autour de nous, et d'année en année, le festival a grandi un peu plus : en 6 éditions, la fréquentation a été multipliée par 8 ! 1200 personnes (dont 400 invités !) en 2011 et 9500 cette année.
Du coup, tout le site et les installations ont dû changer petit à petit, et on est maintenant 220 bénévoles, contre une quarantaine la première année ! La famille s'est bien agrandie, et on a la chance d'avoir une équipe solide qui est présente depuis les premières éditions, ce qui facilite beaucoup les choses.
Mike : Le Sylak, c'est avant tout une histoire de potes, une volonté commune de monter un fest dans la région. Avant cela, on organisait des concerts tout au long de l'année, mais on a préféré s'investir dans un seul gros projet commun, et petit à petit, grâce à toutes les personnes autour de nous, le SYLAK est devenu ce qu'il est (et restera). 

LAM : Quel bilan tirez-vous de l'édition 2016 ?
Laure : On garde un super souvenir de 2016 ! Je ne sais pas pourquoi, mais il s'est dégagé une ambiance vraiment particulière cette année (dans le bon sens du terme). Il a fait beau, le public était adorable, et les groupes étaient sympas...
Avec l'actualité, l'édition a été (beaucoup) plus compliquée que les autres en termes de logistique/sécurité, mais on est ravis de voir que les efforts ont payé, on s'adapte.
Bien sûr, tout ne peut pas être parfait et il y a des choses à revoir, mais dans l'ensemble on est vraiment contents. On pensait faire entre 9 et 10.000 entrées, on en a fait 9.500 tout rond, c'est chouette !
Mike : Le bilan humain est très positif, les choses s'améliorent d'année en année, on est ravis ! On reçoit pleins de messages adorables. On va garder le bon et re-bosser sur les points noirs évidemment.

Laure (The Rock Runners)


LAM : Quels sont les retours du public / des fans ?
Laure : On a eu beaucoup de retours cette année. C'est important pour nous car on vit le festival d'une manière différente des festivaliers, donc on ne se rend pas toujours compte de tout. Les retours ont été globalement très positifs, notamment sur les nouveaux aménagements en termes de sanitaires, d'accueil, de sécurité et de programmation.
On a eu beaucoup de remarques sur le merch : on a compris qu'il faut qu'on en fabrique beaucoup plus, car on s'est fait dévaliser ! On avait prévu 20% de plus qu'en 2015, mais cela n'a pas suffi... Dès le vendredi à 20h, on avait presque plus rien, et ça a déçu pas mal de monde. Mea culpa !
De la même manière, pour la première fois, nous avons eu cette année beaucoup de monde dès le vendredi, ce qui a créé un peu d'attente à la pose des bracelets.

LAM : Quel est le budget d'un festival comme le Sylak Open Air ?
Laure : Le budget tourne autour de 320/330.000 euros pour l'édition 2016. La première année, on était à 40.000 euros. On ne va pas pouvoir grossir le budget indéfiniment, car le festival est autofinancé à 97%. Dans l'asso, on est tous bénévoles et on fait tout avec nos propres moyens/temps !
Mike : Même si cela représente un énorme investissement pour nous, le budget du festival est relativement bas comparé à d'autres festivals de même envergure. C'est dû au fait qu'on n'a pas de salarié, pas de bureaux et que de nombreux partenaires nous aident sur l'installation du site et en don de matériel. Sans eux, le festival ne pourrait pas s'améliorer, et encore moins perdurer.

Mike(The Rock Runners)


LAM : Quel est l'impact économique sur la petite ville de Saint-Maurice de Gourdans ?
Laure : Il faudrait poser cette question aux commerçants directement, mais bien sûr l'impact pour la ville est important : la population fait plus que doubler le temps d'un week-end ! Le camping municipal était complet cette année, la boulangerie tourne à plein régime, la terrasse du bar est bien replie, le tabac s'est fait dévaliser, les gîtes sont complets... Bref ça fait du monde pour un si petit village ! 
Mike : L'impact économique se mesure sur la plaine de l'Ain de manière générale. On s'approvisionne en matériel avec des locaux : location de chapiteaux, électricité, vin/boissons, fruits/légumes, bois, etc. Et plus généralement, je crois que tout vient de France (merch, prestation scénique, signalétique...) !

LAM : Comment préparez-vous la programmation d'une année à l'autre ? A partir de quand sont sélectionnés les groupes ?
Laure : Sur le fond, la programmation est toujours faite de la même manière : on essaye d'en mettre pour tous les goûts ! Il faut dire qu'on écoute tous des choses bien différentes, donc ça aide.
Depuis le début, on garde aussi des créneaux pour les groupes de chez nous ou moins connus. Même si beaucoup de festivaliers ne comprennent pas l'intérêt, on trouve important de soutenir notre scène, à notre petit niveau.
Les groupes "internationaux" sont choisis en fonction des dispos des artistes. Il faut le reconnaître, vu nos moyens de petit fest, on est obligés de se caler le plus souvent sur les groupes en tournée. On essaye dès que possible de programmer des groupes moins présents en France : c'était le cas cette année avec Suicidal Tendencies (date unique en France), Converge ou Goatwhore par exemple, en 2015 avec Ill Nino / Hed Pe (date unique en France), ou Turbonegro en 2014.
Pour le timing, on commence à partir de Décembre/Janvier, et on essaye de faire en sorte que tout soit bouclé mi-avril au max.
Mike : "éclectique" : c'est le maître mot ! Que ce soit en origine géographique ou en couleur musicale. On essaye aussi de programmer lorsque l'on peut, un groupe un peu inattendu en festival Metal, comme on a pu le faire avec Bernard Minet, Elmer Food Beat, Corbier, etc. 
Les seules limites que je me fixe, c'est le Metal vraiment très extrême, car cela ne correspondrait pas à l'ambiance du festival.

LAM : Que pouvons-nous attendre pour l'année prochaine ? Peut-être déjà des idées (groupes/animations, etc) ?
Laure : C'est encore trop tôt pour en parler. J'aimerais pouvoir te dire qu'on aura Alice in Chains, Cro-Mags, La Coka Nostra et Tenacious D, mais personne n'y croirait une seconde !
On sait que de toute manière, on veut garder un festival dans cette configuration-là, donc on ne grossira pas trop. Pour le reste, tout reste à faire !
Mike : Bien sûr, on a des envies personnelles en termes de programmation, mais on verra cela dans quelques temps, après quelques semaines de repos !

Organisateurs et bénévoles


LAM : Vous cultivez l'image d'un festival à taille humaine et à l'ambiance festive et bon enfant. Comment procédez-vous pour entretenir cette image ?
Laure : Tant mieux ! Mais je ne peux pas t'expliquer comment on fait pour entretenir cela. On ne veut pas avoir cette image, on veut l'être pour de vrai. 
Je pense que nos (supers) bénévoles y sont pour beaucoup, car ce sont eux qui sont en contact direct avec les festivaliers le plus souvent. En plus, une grande partie d'entre eux sont des locaux, et certains viennent même donner la main en famille ! Alors forcément, cela doit se ressentir.
Mike : Et du coup, comme nos bénévoles sont trop cools, le public l'est aussi en retour !
On essaye de faire en sorte que le festival soit accessible : un prix correct (il me semble), une gratuité pour les enfants, la possibilité d'utiliser la carte de réduc M'Ra pour les jeunes, ou encore la distribution d'invitations pour les personnes en difficulté/réinsertion via Culture Pour Tous... Par conséquent, le public est très hétérogène.
Laure : En fait on n'a pas grand-chose à faire pour l'ambiance, à partir du moment où les gens sont à l'aise, ça se fait tout seul. Je n'aurai jamais pensé voir un jour Jacob Bannon brandir un ours en peluche pendant un show, ou un zikos faire de la boxe sur un ring gonflable !
Mais c'est important pour nous de garder une taille humaine : on fait un festival un peu en mode "DIY" (ndlr : "Do It Yourself", fait maison), sur notre temps libre, donc on préfère faire un festival petit qui roule bien, plutôt qu'un gros truc qu'on gérera à moitié / mal ! Et ça nous laisse la possibilité de croiser les copains.

LAM : Une anecdote croustillante sur les coulisses du festival ?
Laure : Tout ce qui se passe en coulisse, reste en coulisse ;)