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Leck Inc. : Entretien avec Alex, Fanny et Bernie
Publié le 23/09/2018, par Stef
LAM : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter le projet ?
Alex : Alors nous sommes Lecks Inc., originaires de la région PACA. Le projet a été fondé il y a bientôt 10 ans, en 2009 sur la région d'Aubagne. C'est un projet sur lequel j'ai commencé seul avec l'enregistrement d'un 1er album qui m'a servi de carte de visite. L'album c'est G.O.D. et il a mis malheureusement un peu de temps à sortir parce que la pochette a subi quelques censures qui ont entraînées des mesures juridiques qui ont durées plus de 2 ans. Une fois les autorisations acquises, l'album est sorti en 2014 ce qui a permis de démarcher autour et d'avoir un line-up.
Le projet studio est devenu un projet groupe. Un deuxième album est sorti en 2016, qui s'appelle A.I.D.S - chaque nom d'album est un acronyme - et a permis de faire de la promo et des concerts. S'en est suivi quelques dates et un nouveau line-up. Il y a eu pas mal de changement. On a rencontré Ingrid, notre manageuse, avec qui on travaille depuis 3 ans.
Là, cette année, on vient de sortir E.G.O (Everybody Gets One), qui est notre troisième album, signé chez M&O Music. C'est un album qui sera commercialisé de manière digitale. C'est un choix de notre part car le visuel est encore un peu trop crû et on voulait éviter une nouvelle censure en terme de magasin.
Là, on travaille actuellement sur un quatrième album qui sortira à la fin de l'année et dont le visuel, même s'il reste encore un peu dans notre univers sera plus adapté pour débarquer dans les stands Cultura, FNAC et compagnie.
C'est vrai que c'était un peu compliqué, sur le troisième album on est sur une décapitation d'un politicard qui ressemble fortement à Macron et c'est pas une volonté de notre part, c'est une pochette qui a été faite y'a 2 ans, bien avant l'élection du président. Y'avait rien de prémédité, ça fait 2 ans qu'on travaille sur l'album. Pour le mastering on est passé par le WireWorld Studio, c'est ceux qui ont fait le master de Metallica, Megadeth, Accept, Ozzy Osbourne, Alice Cooper, Motley Crue... donc a été sur une liste d'attente qui s'est un peu éternisé ce qui fait qu'on a pris un peu de retard sur la sortie mais les choses étant faites, l'album est arrivé en juin.


LAM : Et du coup le quatrième est déjà prêt ?
Alex : Il est quasiment terminé oui, on a pris un peu d'avance pour pouvoir rebondir. Actuellement on est sur la tournée Die Another Day qu'on a commencé en janvier et se terminera en décembre. Elle fait la promotion de ce troisième album. On enchaînera directement sur la prochaine tournée pour l'année 2019 qui s'appellera The World End Tour. Cette année on a fait la Suisse, la France, la Belgique. L'année prochaine on va essayer de tabler sur l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne. On va essayer de s'expatrier un peu en terme de promotion.


LAM : Au niveau des compos, comme c'est un projet solo à la base, est-ce que tu t'occupes toujours de tout ou tu as élargi au line-up ?
Alex : Alors oui et non. C'est-à-dire que c'est très tyrannique, très dirigiste, dans le sens où je continue à écrire toute la base de travail. Après, comme on est amené à travailler avec énormément de monde et que le line-up a quand même pas mal changé, chaque musicien réadapte les compositions avec sa valeur-ajoutée, ses compétences. Fanny, qui est présente et nous a rejoint il y a quelques mois a à peine fait une répétition et on est reparti en tournée. Je pense qu'elle pourra t'en parler un peu plus pour savoir comment elle le vit.

Fanny : En fait, disons qu'Alex c'est vraiment le centre de la création. Il compose tout et après nous on est ses musiciens live pour le moment. On a quand même beaucoup de place pour réadapter certaines choses et réinterpréter avec nos influences et notre touche personnel et c'est ça qui est très bien dans Lecks Inc..Tu disais tyrannique mais en fait pas du tout, chacun a sa place, y'a pas de problème d?ego. Pour l'instant ça se passe extrêmement bien pour moi.

Alex : Même si je reste le compositeur officiel on va dire, j'essaye de mettre tout le monde en avant. C'est-à-dire que même en tant que compositeur, je vaux pas mieux qu'un autre. Finalement, c'est la cohésion qui fait qu'on avance. Donc y'a toujours des places pour un solo de batterie pour la batteuse, pour le guitariste, pour le bassiste. Personne n'est oublié, tout le monde est mis en avant et personne ne vaut mieux qu'un autre.
Après, on est amené à travailler avec de nombreux guests donc y'a de nombreuses influences. On a travaillé avec la chanteuse de Noêin, avec Stephan Forte d'Adagio, avec Fred, le tout premier guitariste de Dagoba, avec Fred d'A.c.o.D, avec Eddy d'Asylum Pyre, avec Rachel de Eths, avec un compositeur de musique de film et de jeu vidéo japonais, Keiichi Shugyama, avec des musiciens internationaux et plein d'autres, la liste est très très longue. Y'a beaucoup de personne qui se sont greffés à ce projet et du coup les influences viennent de partout. Y'a du tzigane, y'a du jazz... mais dans une influence metal indus expérimental parce que la base, quand même, ça reste industrielle avec tout ce qui s'y rapporte. Ca part dans tous les sens mais ça reste cohérent.


LAM : Les nombreux invités, est-ce une volonté de départ ou au gré des rencontres ?
Alex : Un peu des deux. C'est les opportunité qui ont fait que, sur un festival ou, étant moi-même chroniqueur, j'ai eu l'occasion de rencontrer des gens. Par exemple là, y'a un cinquième et double album qui est en cours de production et on a eu la chance de travailler avec Blaze Bailey qui vient participer sur deux titres. On a François Blanc, chroniqueur chez Rock Hard, qui vient aussi apporter sa patte, on a Tony Dolan de Venom Inc.. On a cheptel qui est en train de se créer et des opportunités qui sont en train de se mettre en place, ça serait vraiment dommage de passer à côté.
Après, pour revenir sur le troisième album, on a une volonté promotionnelle, on s'est fixé un défi. C'est-à-dire que depuis 1986, y'a Napalm Death qui est entré dans le Guiness Book des records avec une chanson qui s'appelle You Suffer, Une chanson qui fait 1 seconde et 300 centièmes. Bah cette année, j'ai le plaisir d'annoncer qu'on a battu ce record. On a envoyé l'album au Guiness Book des records et on a fait une chanson qui s'appelle EGO, et fait 0 seconde et 900 centièmes. On espère bien que ça va être validé. Ca serait vraiment sympa. On n'espère pas les détrôner car c'est pas le but à la base mais c'est histoire de buzzer un petit peu. C'est juste pour le délire, d'où l'album qui s'appelle E.G.O., c'est vraiment relatif à cette chanson.


LAM : Pour revenir sur les invités, est-ce qu'on en retrouve en live ?
Alex : Pas encore, malheureusement on n'a pas encore la notoriété qui nous permettrait d'accéder régulièrement à des grandes scènes. On a envisagé, notamment pour le Hellfest où on a joué il y a 2 jours sur la scène du Cult - d'ailleurs merci à Alex Rebecq de nous avoir invité - mais ça n'a pas été mis en place. C'est vrai que des fois on ne pourra pas jouer avec telle ou telle personne donc soit c'est samplé effectivement quand c'est trop important, ou alors c'est remplacé par une personne "event" qui sera là et qui reprendra à sa sauce.
Du coup il y a plein de chanson qui sont alternatives, par exemple Don't Call Me Babydoll, qui est le single de notre deuxième album, y'a la version album mais y'a la version Hellfest qui avait été distribué il y a 2 ans au Hellfest uniquement. C'est une version alternative avec de l'électro supplémentaire complètement déviant et avec une autre chanteuse. Y'a plein de chanson comme ça qui sont en train de se mettre en place.
Sur le quatrième album qu'on est en train de travailler, y'aura un autre quatrième album travaillé par d'autres musiciens français ou internationaux et qui proposeront des versions alternatives de ces mêmes chansons et avec lesquels on pourra proposer une deuxième lecture de l'album. Tout ça est en train de se mettre en place et on espère justement pouvoir le proposer le plus prestement possible et continuer sur la lancée. Terminer cette tournée là, vite enchaîner avec la suivante et ne pas perdre l'élan qu'on a pris dernièrement.


LAM : Fanny, tu es arrivé dernièrement, est-ce que cette base indus faisait partie de tes influences ?
Fanny : Alors absolument pas. En fait le metal indus c'est pas du tout mon truc à la base. Moi je suis plutôt death, black... les groupes vraiment assez énervés et puis j'aime aussi tout ce qui est prog. Et du coup c'est vrai que je me retrouve vraiment dans la musique de Lecks parce que ça mêle beaucoup d'influences et pour moi ce n'est pas que du metal indus. Certes, il y a la touche indus et la patte d'Alex qui fait qu'il y a quelque chose sur tous les morceaux qui fait qu'il y a une unité mais il y a quand même beaucoup d'autres influences. Je peux me régaler sur des passages alors qu'à la base je ne pensais pas du tout jouer dans un groupe d'indus. Ca me plait tout à fait.

Alex : C'était un peu la grosse surprise. Moi qui suis un peu plus vieux que Fanny, j'ai été très influencé par la vague année 90, 2000 donc la vague industrielle et la vague néo-métal. J'aime beaucoup des artistes comme Nine Inch Nails, Manson, Ministry, j'aime beaucoup tout cet univers-là. C'est vrai qu'après avoir monté plusieurs groupes, je suis revenu à ces influences là. Mais comme je n'ai pas que ça à mon arc, après le premier album j'ai voulu varier. Donc après on est tombé un peu dans le dark électro, puis on a rebondi avec quelques influences punk, black metal, sur le troisième album on part plus sur des passages hardcore, musicalement parce que vocalement je suis plutôt soit sur de l'indus, soit sur du black ou du death. Je peux même partir sur de l'opéra des fois quand l'envie me prend. Y'a quelques passages qui peuvent être marrant car finalement on est là pour s'éclater, c'est principalement le but. Sur le troisième album on a intégré des guitares huit cordes donc ça commence à devenir limite math-core, y'a des passages de blast, des solos épiques, des influences prog, donc en fait y'a vraiment de tout et tout le monde peut s'y retrouver. Même si on n'aime pas forcément une chanson, on peut se retrouver sur la deuxième ou la troisième... Et y'aura toujours quelque chose qui pourra créer une unité avec des passages industriels. Donc moi je garde mon identité et tout le monde s'y retrouve. Là sur le prochain album qui s'appellera A.L.I.E.N. (A Link In Eternal Night), on est sur de l'EBM influencé Rammstein, Oomph!, KMFDM... quelque chose qui moi me plait énormément. Ca sera plus dansant, plus FM, avec des chansons plus courtes.
Là on prépare une chanson anniversaire pour les 10 ans de Lecks Inc. avec que des guests. La chanson va faire 45 minutes. 45 minutes d'indus, de prog, de blast, ça va partir dans tous les sens et c'est vrai qu'on varie vraiment dans tout mais on essaye de garder une cohésion sur le set de façon à amener en crescendo la puissance du groupe.


LAM : Et du coup ce morceau sera sujet à un live anniversaire ?
Alex : Peut-être ouais, ça pourrait se négocier. On est en train de voir pour se lancer sur des 1ère partie de groupe internationaux.

Bernie (basse) vient d'arriver.

LAM : Bernie, tu as rejoint le groupe il y a un an. Comment s'est passé ton arrivée ?
Bernie : Bah écoute, comment on parvient à un tel endroit ? C'est improbable en fait. Je suis arrivé là car il y a un peu plus d'un an, je cherchais une nouvelle formation avec un metal qui me ressemble plus. Tombant sur le projet d'Alex, j'ai pris contact avec lui. Par contre c'est un projet assez vaste et au début ça fait un peu peur parce que tu l'impression que tu sais pas où tu vas aller, où y'a trop de chose. Mais c'est vrai qu'Alex est largement en avance sur son temps et du coup y'a beaucoup de matière et j'ai relevé le défi en fait. Je me suis dit, voilà, le gars il a un projet qui a l'air un peu trop énorme mais il a de la matière derrière et du coup je me suis engagé sans trop avoir le niveau au départ, ça je le dis depuis le début. J'ai du bosser pendant plusieurs mois pour me mettre à jour.


LAM : Un mot sur votre expérience Hellfest ?
Fanny : On est trop trop content d'être là déjà. Moi j'étais venu en 2011 mais je n'avais jamais pu y retourner car juin c'est toujours le mois des examens et des concours. Là j'ai dit stop à tout, je suis là, j'ai vu des groupes de fou, Suffocation, Meshugah et plein de groupe que j'adore et je suis super heureuse d'être là et de rencontrer toutes ces personnes et d'être dans cette ambiance là. On remercie le Hellfest Cult et puis on remercie M&O Music. On est vraiment très très content. Pour ma part c'est le rêve.

Bernie : L'expérience Hellfest Cult c'est énorme. J'en fais parti depuis 3 ans et c'est ce qui nous a permis d'arriver sur la scène jeudi soir. Pour nous c'est une opportunité énorme. Après au niveau du show et des retours qu'on a eu, c'était très chaud, le public était très content. Nous sur scène un peu plus serré au niveau de la technique parce que tu arrives et t'as 15 minutes pour te mettre en place. Pour arriver dans le cour des grands, il faut passer par là et on est content d'y être.

Alex : Comme on le disait, on remercie le Cult et Alex Rebecq de nous avoir invité. Ca été une expérience, je m'étais toujours dit, le Hellfest j'irai jamais sauf si je joue et cette année, ça été l'occasion et je m'y suis tenu et je reviendrai si je joue. On essaye, on a quelques petits yeux sur le Hellstage ou sur le metal corner et c'est vrai qu'on va continuer notre bout de chemin et on va se donner à fond. En fait c'est par pallier, plus t'avances et plus tu te fixes des objectifs. Plus tu mets la barre haut et plus ça te semble inaccessible et plus ça te donne envie de bosser. Là le premier palier c'est de venir jouer ici. Et quitte à voir grand faut viser au-dessus. Pas une main stage car il faut rester réaliste mais ne serait-ce que le Metal Corner ça serait vraiment top. Si on arrive déjà là, on verra.

Bernie : Pas de fausse modestie, ça sert à rien. Les Main Stage sont accessibles, même à notre niveau, y'a plein de groupe en France qui sont très bon et qui peuvent prétendre à la Main Stage mais on est tellement sur le marché que forcément chaque année, tout le monde peut pas y jouer, c'est pas possible. Là le problème il est surtout là je pense.