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Epica
Elysée-Montmartre @ Paris
le 06/11/2009

photos
Publié le 07/08/2020, par le_renard
Ce soir la salle mythique de l'Elysée-Montmartre ouvre ses portes pour accueillir une nouvelle fois le combo hollandais Epica. Dans une salle remplie à peine au quart, le premier groupe d'ouverture entame leur set.

Sons of Seasons
Le groupe d'Oliver Palotai (Kamelot, Doro) nous présente un heavy métal mélodique, sombre et puissant. Le chant heavy masculin est mis en avant par la prestance de Henning Basse, le chanteur. Avec son maquillage, son teint livide, ses yeux noircis, il aurait fait bonne figure dans un groupe de black métal! Pendant un morceau, il devient vraiment terrifiant, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, exprimant un sentiment d'effroi.

Côté musique, Sons Of Seasons est une expérience intéressante de métal mélodique, puissant, progressif et agressif. Les solos sont exécutés d'une main de maître, et que ce soit au clavier ou à la guitare, monsieur Oliver est un pro ;-)

Cependant, les compositions sont lentes et lourdes, peu entrainantes à vrai dire. Le chanteur dit quelques mots en français pour présenter le groupe et motiver le public. Malgré son enthousiasme, il réussit tout juste à faire bouger les premiers rangs... Il faut le temps que le public parisien se réchauffe! Le son est excellent ce soir, les niveaux de balances ont été correctement ajustés. le show est très correct, animé, le bassiste soufflant de l'eau au-dessus de lui (comme une baleine!), produisant un nuage de gouttelettes scintillantes dans les lumières colorées. Beaucoup de headbangs également, les musiciens s'en donnent à coeur joie.

Finalement la prestation de Sons Of Seasons touche à sa fin, et je reste d'avis assez partagé. Bien que la musique soit intéressante, heavy metal intégrant quelques éléments inspirés de la musique orientale, j'ai trouvé l'ensemble plat et insipide, même si le groupe possède des musiciens talentueux.


Amberian Dawn
Les Finlandais d'Amberian Dawn prennent alors le relais. Les musiciens entrent sur scène un par un, puis commencent à délivrer leur métal sympho nightwishien. Les claviers répondent aux guitares, et inversement. Arrive alors la ravissante Heidi, et de sa belle voix lyrique qui part haut dans les aigus, elle ravit (ou non) le public. Peut-être est-ce son corset ultra serré ou bien le trac de jouer sur cette grande scène de l'Elysée-Montmartre, mais elle a l'air tendue, crispée, pas à l'aise dans sa robe. Elle ne bouge pas beaucoup, pour ne pas dire pas du tout. Juste le strict minimum.

La musique est mélodico-symphonique, avec une multitude de solos de guitare ultra rapides, un flot de mélodies claviers, un chant lyrique juste, pur et agréable. On dirait une fusion entre Nightwish et Sonata Arctica.

L'Elysée-Montmartre, rempli à tout juste un tiers maintenant, écoute attentivement et observe calmement la prestation des Finlandais. La belle chanteuse s'éclipse le temps des solos pour laisser la place aux guitaristes de nous faire une démonstration de leur talent, utilisant avec dextérité leurs instruments aux couleurs vives d'un rouge éclatant ou d'un vert pétant. Les doigts vont et viennent sur les cordes, c'est vivant, rythmé. On assiste à des dialogues de solos en tapping, les guitares se répondant l'une à l'autre. Même le claviériste s'y met en jouant un son proche de celui de la guitare électrique. Il exécute des solos de maitre, pianotant sur ses touches comme un forcené.

Les compositions sont intéressantes, à l'image de la belle ballade "Willow Of Tears". Le public les accueille comme il se doit, et le groupe remercie en disant quelques mots en français ("vous êtes très bien !").

Même si leur musique a tendance à être répétitive, leur prestation m'a plus plu que la première fois où je les ai découverts.


Epica
Après une courte pause, l'Elysée-Montmartre, à moitié plein, est de nouveau plongé dans le noir. Les musiciens d'Epica entrent en scène, sous les applaudissements du public, suivis par une Simone radieuse qui lance un grand "Bonsoiiiir Elysééééée" !

Le show commence sur les chapeaux de roue avec un morceau tiré de leur nouvel album, "Resign To Surrender". Choeurs grandiloquents, symphonies pompeuses, riffs, bourrinage, grunts profonds et chant aérien Simonesque. La magie Epica opère, le spectacle commence. On enchaine aussitôt avec un "vieux" tube, "Sensorium", vif et efficace. Toutefois, bien que remarquablement exécutées, ces chansons manquent de punch. Simone est toujours un peu malade, elle a une petite voix, on dirait qu'elle cherche à s'économiser. Elle ne tient pas les notes longues et semble épuisée, à bout de souffle.

Le public participe bien, tape dans les mains et sautille allègrement. Les jeux de lumière sont bien réglés et cohérents, c'est beau à voir. Le show est très correct (sans non plus être exceptionnel).

Sur "Martyr Of The Free World", Mark grunte en duo avec Isaac. L'arrivée d'Isaac au sein du groupe est une très bonne chose, il apporte un renouveau, de par sa présence, ses solos, sa voix. Et puis ses longs cheveux, lol! Il ne se prive pas de headbanguer, tout comme Simone d'ailleurs, qui fait tournoyer sa longue chevelure en un tourbillon enflammé.
Le public est bruyant, mais relativement calme : il n'y a aucun pogo, même sur "Seif Al Din"! Incroyable. Sur ce morceau d'ailleurs, on assiste à l'arrivée sur scène d'une danseuse orientale, qui se met à entamer une danse du ventre. Très typée orientale des Mille et une Nuits, la jolie jeune fille se déhanche et se tortille, exprime toute sa sensualité d'une manière très voluptueuse. Mais il faut bien avouer qu'à part faire baver la gent masculine des premiers rangs, elle ne sert pas à grand chose...

Le show se poursuit avec l'excellent "Cry For The Moon", morceau sur lequel le public n'est absolument pas synchrone pour taper dans les mains, une horreur, LOL. Mark arrose le public avec deux bouteilles d'eau percées, les premiers rangs de fans en prennent pour leur grade. Arrive le moment du plus long morceau du nouvel album, "Kingdom Of Heaven". Le plus long, certes, mais aussi le plus riche, le plus varié. Un des titres que je préfère. D'autant plus que le chant de Mark est complété par les grunts d'Ariën, absolument bluffant.

Simone s'absente un instant pendant "The Obsessive Devotion", pour reprendre son souffle et faire reposer ses cordes vocales. Ce morceau déchaine les foules et fait vibrer le coeur des fans.
Puis revoilà Simone, qui reprend du Edith Piaf avec "Non je ne regrette rien", en français, repris en choeur par le public. La belle rousse hésite un peu sur les paroles, et promet qu'elle révisera pour le concert du lendemain.

Le concert se poursuit et des briquets scintillent dans le public pendant la superbe ballade "Tides Of Time". Sur le début de "Phantom Agony", c'est Simone et Coen qui gratteront les premiers riffs sur les guitares de Mark et Isaac. Ce morceau fait mouche à chaque fois, surtout avec le réarrangement disco avec lumières multicolores, ça fait danser le public jusque dans le fond de la salle. Le final est toujours aussi beau, et Coen revient pour complimenter et faire chanter le public.

Le rappel est composé de "Sancta Terra" et de la sempiternelle "Consign To Oblivion" en guise de dernier morceau, avec une partie piano accentuée voire complètement improvisée.

Si le début du concert me paraissait mal parti (avec la voix de Simone un peu bancale), il s'est très bien fini. C'était un chouette moment, partagé avec tout le monde, les fans, les amis, notre groupe favori. A refaire.


Crédit photographie :
Karydwen
http://www.myspace.com/karydwen
http://www.flickr.com/photos/karydwen

Les photos du concert