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Metallica au Stade de France, Paris, 12/05/2012
Stade de France @ Paris
le 12/11/2019
Publié le 12/11/2019, par Hutch
Annoncé par Francis Zégut fin 2011 puis devenu serpent de mer faute d'annonce officielle pendant plusieurs mois, le concert événement de Metallica au Stade de France a bel et bien lieu en cette plutôt belle mais fraîche journée du samedi 12 mai 2012. Il paraît que le concert aurait dû avoir lieu en 2013 (pour les 30 ans de "Kill'em All") mais qu'anticipant une baisse du cours de l'euro, le groupe, aux dires de son manager, aurait préféré l'avancer en 2012. Quoi qu'il en soit, on sait très bien que cela fait depuis très (trop) longtemps que Metallica ne fait plus de concerts par seul amour de la musique. Mais les fans restent les fans et ce soir, le Stade de France affiche complet, réunissant anciens et nouveaux amateurs définitivement acquis à la cause d'une légende vivante du métal.

Mais en attendant d'assister à ce concert célébrant les 20 ans (enfin, 21 désormais, puisque la galette est sortie en 1991) du "Black Album", deux groupes sont programmés en première partie :


GOJIRA

Actuellement en tournée pour défendre leur nouvel album ("L'enfant sauvage" dont le morceau titre est inclus dans la setlist), les Français, qui ont déjà ouvert plusieurs fois pour Metallica, déploient avec force et conviction leur Death Metal technique et mélodique de haute tenue et dont les textes sont très fortement influencés par les thématiques environnementales. Gojira, groupe écologiste militant? On n'en est pas loin. Mené par un Joe Duplantier aussi à l'aise au chant qu'à la guitare, le combo délivre un set qui puise dans l'ensemble de sa discographie et se voit axer sur des titres bruts de décoffrage.

Les musiciens occupent avec entrain l'espace scénique qui leur est alloué et le public ne manque pas de les acclamer régulièrement. Cependant, un gros problème subsiste pendant tout le concert : le rendu sonore, qui donne la désagréable sensation que tous les instruments ont été mixés au même niveau. Une musique comme celle de Gojira ne souffre d'aucune approximation et malheureusement, le son se sera avéré plus qu'approximatif.

En outre, il eût été pertinent de mettre en marche les écrans géants histoire que l'on puisse voir un peu quelque chose car si l'on est pas à l'avant de la fosse, les artistes faisant des concerts au Stade de France ressemblent très vite à des petits points. Pourtant, ces problèmes de taille ne portent pas préjudice à l'enthousiasme du groupe et des spectateurs et l'on reste au final sur une bonne impression d'ensemble, Gojira restant une formation à revoir dans de meilleures conditions et un temps de jeu supérieur à 30 minutes.

SETLIST
1. Oroborus
2. The Heaviest Matter of the Universe
3. Backbone
4. Flying Whales
5. L'Enfant Sauvage
6. Vacuity


THE KILLS

Pas métal pour un sou, cette formation menée par une chanteuse aux cheveux roses (même si les écrans ne sont pas allumés, on voit quand même les cheveux) verse dans une sorte de Rock Electro à base de guitare, de percussions type Tambours du Bronx et de nombreux samples. Pas de basse ni de batterie sur scène mais surtout beaucoup d'ennui lors de ce set de 40 minutes paraissant interminables tant les morceaux sont longs et uniformes les uns par rapport aux autres... Ajoutez à cela les mêmes problèmes de son que pour Gojira, agrémentés de superbes larsens, et vous aurez une idée de ce que le mot "ennui" peut signifier pour le métalleux en recherche de sensation forte !

L'absence totale de communication de la part du combo n'arrange rien à l'affaire et le public ne se fait pas prier pour laisser entendre des huées, tandis qu'à l'arrière de la fosse, on s'affaire pour prendre boissons et sandwichs (oui, les concerts au Stade de France, c'est aussi la fête de la bière et du merguez, très chers, autant profiter au maximum de l'affluence !) ou aller faire une pause toilette. The Kills est vraiment le groupe qui détonne sur l'affiche et tout le monde manifeste une joie non feinte lorsque leur concert s'achève.


METALLICA

Après une pause de 45 minutes pendant lesquelles la grande scène est déployée et au cours desquelles les spectateurs se sont amusés à faire des vagues similaires à celles des matchs de foot, le concert tant attendu de Metallica peut enfin commencer. Les écrans géants sont enfin mis en marche et le set est traditionnellement introduit par le célébrissime "Ecstasy of Gold" d'Ennio Morricone, extrait de la musique du film LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND. Les images correspondant à ce titre sont diffusées en parallèle et la fièvre ne tarde pas à monter dans le public. Le groupe déboule alors sur scène et entame le fulgurant "Hit The Lights" avec une énergie et une maîtrise technique qui ne faibliront pas de tout le set. James Hetfield est très en voix et délivre des riffs en béton armé tandis que les leads de Kirk Hammett s'avèrent toujours aussi virtuoses. Lars Ulrich tape comme un beau diable sur ses fûts et l'on pardonne sans trop de difficultés un jeu pas toujours en bien synchronisé avec ses comparses, un reproche qui lui est fait régulièrement et de manière parfois ironique et virulente. La basse de Robert Trujillo peine parfois à se faire entendre mais la bonne humeur et l'énergie de ce dernier compensent largement la faiblesse de mixage. D'ailleurs, le son, qui était excellent lors de précédents concerts, n'est pas de la meilleure qualité : les guitares et la voix de James Hetfield ne sont pas toujours clairement audibles et l'on doit parfois subir quelques saturations émanant des enceintes. Rien de catastrophique en soi mais l'on a été habitué à largement mieux.

Le set fait l'impasse sur toute la discographie post "Black Album" (exception faite de l'anodin "Hell & Back" issu des chutes de studio de "Death Magnetic") mais cela n'empêche pas Metallica de balancer des tueries tout au long du set. "Master of Puppets", qui succède à "Hit The Lights", et "For Whom The Bell Tolls" font augmenter la température dans le public : à défaut de réchauffer un air frisquet, cela créé une ambiance électrique que l'on retrouve à chaque concert de Metallica. Si l'évocation du nom des Californiens est depuis longtemps synonyme de "machine à faire de l'argent", il signifie également une qualité de prestation indéniable, parmi les 5 meilleures de l'univers Métal, qu'il s'agisse du professionnalisme quasiment sans faille des musiciens ou de la créativité du light show. Et comme le souligne James Hetfield dans sa communication avec le public, il existe en quelque sorte une "famille Metallica". La renommée du combo est telle qu'effectivement, ce terme n'est pas galvaudé. Force est de reconnaître que le public se rend toujours en masse aux concerts où toutes les générations sont représentées : des plus jeunes prenant pour la première fois en pleine face en live la musique des Four Horsemen, aux vieux routiers ignorant le mot lassitude.

Sa réputation, Metallica la doit tout d'abord à sa première salve d'albums: la tétralogie "Kill'em All", "Ride The Lightning", "Master of Puppets", "... And Justice For All" proposant un Thrash sans concession alliant virtuosité technique et accroches mélodiques imparables. Les choses évoluent avec le fameux "Black Album" dont le véritable titre est tout simplement le nom du groupe. Pour cette galette, Metallica bénéficie d'une production plus fine et de moyens promotionnels importants (large campagne publicitaire, titres diffusés sur MTV...). Pour certains fans, c'est avec cet opus que le groupe a vendu son âme en "simplifiant" la structure de ses titres, en incluant une ballade ou en abandonnant le Thrash. Si l'orientation du groupe devient plus heavy, les riffs n'en demeurent pas moins bien gras, les leads virtuoses et la batterie percutante. Joué ce soir en intégralité, l'album comporte sa part de bons voire de très bons titres. Mais curieusement, Metallica a choisi de ne pas jouer les morceaux dans leur ordre d'apparition sur la version studio, mais à l'envers, de la fin vers le début. Un parti pris risqué qui a pour effet de faire retomber le soufflet qualitatif. Bien qu'intrinsèquement bons, les 4 premiers titres proposés ne sont pas les plus marquants et il faut attendre l'incontournable "Nothing Else Matters" pour retrouver l'accroche de début de set : le Stade de France s'illumine de mille feux (de toute sorte dont pas mal de loupiotes de téléphones mobiles, vive la technologie !) et le public chantonne le refrain à tue-tête. Passés un "Through The Never" et un "Don't Tread on Me" qui ont le mérite de refaire s'agiter les têtes, le groupe va alors déployer ses cartes maîtresses sur la dernière ligne droite du concert : classiques indémodables ("Whenever I May Roam", "The Unforgiven", "Sad But True", "Enter Sandman", "Battery", "One" et "Seek & Destroy"), pyrotechnie rentre-dedans, show laser, Metallica en met plein les oreilles et plein la vue lors de ce grand final de très haut niveau.

Le concert s'achève sur un long et bruyant triomphe au cours duquel Metallica promet de revenir très prochainement en France.
Cette première prestation au Stade de France s'apparente à un bon concert d'un grand groupe. Seulement bon pour cause de rendu sonore juste correct et de longueurs en milieu de set lors de l'entame du "Black Album". Reste qu'un bon concert de Metallica vaut largement les "grands" concerts de pas mal d'autres groupes et que les Four Horsemen ont toujours à coeur d'en donner au public pour son argent (tout en ayant le souci de le prendre où il faut et quand il faut !). En attendant de les retrouver dans des conditions optimales, on pourra toujours se rabattre sur les imparables classiques de leur discographie.

SETLIST

Intro: "Ecstasy of Gold" (Ennio Morricone)
01. Hit the Lights
02. Master of Puppets
03. No Remorse
04. For Whom the Bell Tolls
05. Hell and Back

Titres du Black Album:
06. The Struggle Within
07. My Friend of Misery
08. The God That Failed
09. Of Wolf and Man
10. Nothing Else Matters
11. Through the Never
12. Don't Tread on Me
13. Wherever I May Roam
14. The Unforgiven
15. Holier Than Thou
16. Sad But True
17. Enter Sandman

Rappels:
18. Battery
19. One
20. Seek & Destroy