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Texas
Colmar
le 18/08/2006
Publié le 14/12/2019, par Guardian
Ahhh, la musique et ses mystères... Comme un pressentiment qui pousse votre serviteur à lutter contre les prix exorbitants des tickets de ce concert sur ebay, à la recherche d'un billet au prix abordable. Pourtant loin de son genre de prédilection, quelque chose l'a poussé à vouloir à tout prix assister à un concert de pop, celui du groupe Texas. Et effectivement, pour être complet, c'est complet. Jamais de mémoire le théatre en plein air de Colmar a été à ce point bondé!

Une aubaine pour les Strasbourgeois de Eric-Zo, qui se produisent devant 10 000 têtes en première partie. La promotion rêvée pour tout petit groupe qui débute, et forcément, ça donne des ailes. Avec une grosse pêche, le groupe balance son rock rebel sans perdre une seule seconde, hormis pour présenter ses membres. Se trouvant quelque part entre Saez et Kyo, les Alsaciens parviennent à toucher un public réceptif à leur musique, qui, même s'il ne la révolutionne pas, à le mérite de passer le cap de la scène avec un feeling positif, et ce malgré des textes et looks un peu trop clichés. Applaudissements mérités, mais le public gronde déjà pour tout autre chose.

A 21h, c'est sur fond de backdrop rouge étoilé à l'effigie du groupe, que les lumières s'éteignent, où plutôt s'orientent vers la scène. C'est Ally McErlaine, guitariste fondateur du groupe qui, seul, représentant du combo, lance à la gratte le concert, alors rejoint par les autres hommes lorsque "(I don't Want a) Lover" débute. En fanfare, forcément, car commencer par le premier morceau de son premier album pour un groupe, est toujours signe d'une grande renommée tout au long de sa carrière, surtout quand celui-ci a presque 20 ans d'âge!!! . Sharleen Spiteri, ovationnée pour son entrée en scène, dont le public ne finira plus de scander son nom tout au long du concert se joint en dernier aux autres membres. Radieuse, souriante, la belle annonce d'entrée la couleur : elle est dans une forme olympique et compte bien nous en faire profiter. Et ça ne manque pas!

La set-list aux allures de best-of, n'est que futilité à côté de ce qu'on va se voir offrir. Il faut dire que chez Texas, on ne compte pratiquement que des hits à travers leur discographie bien étoffée, chose dont peu de groupe peuvent s'en vanter. Les (nombreux) singles joués et rejoués sont donc fort logiquement privilégiés alors que certains préféreraient entendre quelques raretés, mais qu'importe. Car sur scène, et ce soir plus qu'un autre, les Ecossais voient les choses en grands : 3 claviers, 2 batteries!!! Plus que cela, Sharleen, qui après des vacances bénéfiques, va transformer ce qui pourrait être un concert banal en moment magique. Voilà qu'elle commence à échanger quelques mots avec le public après quelques morceaux. C'est qu'elle ne fait pas à moitié, puisqu'elle se met à interloquer plusieurs personnes pour qu'elles lui apprennent la nage à la française, sans jamais tomber sur un Français! Mieux, elle prend le temps de répondre à la plupart des inter locations du public, qui sont nombreuses, se met à lire les multiples mots qui lui sont lancés sur scène... Toujours avec le sourire, et assumant son rôle de frontwoman à la perfection, elle échange avec ses compères des gestes de complicités qui, à un tel niveau de popularité, sont quasiment systématiquement inexistants. Les hommes qui ne déméritent absolument pas, bien au contraire, remontent fortement le niveau, transformant les versions studios des chansons, en morceaux bien plus rock que pop. Et à cela, la 2ème gratte de l'énergique Tony y apporte énormément, tout comme les aller-retours continuel de Michael entre les claviers et la seconde batterie.

De va et vient, il est également question au premier plan avec la vocaliste qui n'en finit plus de courir dans tous les sens, tout en assurant une prestation vocalement impressionnante, tout bonnement jouissive, et qui manque de tomber en se perchant sur un de ses retour de scène. Mais ce qui rend ce concert encore plus énorme c'est cette sensation, ce qu'on pourrait appeler l'esprit rock'n'roll : ce plaisir d'être là, de jouer, chose dont elle remerciera le public à plusieurs reprises pour les supporters depuis 20 ans (eh oui, Texas, 1986 tout de même!). Et surtout ce sentiment d'avoir devant nos yeux un show unique, qu'il ne balance pas tous les soirs en pâture, se contentant ainsi de refaire mécaniquement les moindres faits et gestes. Pas question ici, à Colmar, lorsqu'une membre du fan-club français est autorisée à monter sur scène pour jouer de la batterie aux côtés de Michael, où lorsque ce même Michael se voit être défier par la dame aux bottes de cow-boys face à Eddie (également au piano). Celui consiste à savoir si l'artiste favoris de chacun (Elton John pour Michael, Bowie pour Eddie) botte le cul de l'autre. Petit jam sympa et plaisant dans les dents.

Rajoutez un public en transe qui connaît chaque parole par chœur, et vous obtiendrez le dernier membre du groupe, représenté par les 10000 personnes présentes. Sharleen en semble tout émoustillée. Il faut dire que vu le nombre de fois que chaque titre est diffusé à la radio, on a bien eu le temps de les apprendre. Et puis cette set-list, pas toujours bien équilibrée avec 2 albums bien représentés que sont White on Blonde, et le dernier opus en titre, Red Book, tous 2 avec 4 titres, représentant ainsi ensemble, la moitié de la set-list. Cela n'empêche de varier titres plus calmes, et plus appuyés, comme un "Black Eyed Boy" au tempo plus rapide que sur cd, ou encore un "Summer Sun" sous ses lights jaunes dont le pont instrumental est incroyablement heavy. Plein la face jusqu'au "Inner Smile" annoncé comme la dernière chanson de la soirée.

Si le concert semble d'une spontanéité exemplaire, le rappel n'en parait pas moins téléphoné. Mais on est tellement aux anges, qu'on ne s'en soucis guère. Et c'est avec une joie non dissimulée qu'à gorges déployées, "So Called Friend" et surtout " Say What You Want" sont repris. Sur cette dernière, un duo Sharleen / public est d'ailleurs le bienvenue, et force est de constaté que la foule en a encore dans le cœur. Bien que le concert soit censé être terminé, un second rappel non prévu, voyant la talentueuse chanteuse revenir seule avec sa guitare sèche est balancé. Et c'est sur un "Put Your Arms Around Me" bourré d'émotion, et devant une toute petite dame au bord des larmes face à cette standing ovation qui lui est réservée pour la remercier de ce set de pur bonheur, que s'achève un concert d'une qualité rare. Preuve en est que ce n'est pas parce qu'on est un groupe mainstream, qu'on a forcément vendu son âme à une major. Texas l'a bien montré ce soir avec ce concert tout bonnement exceptionnel.


Set-List Texas :

- (I Don’t Want a) Lover
- Getaway
- Halo
- In Our Lifetime
- Every Day Now
- Can’t Resist
- Black Eyed Boy
- Nevermind
- In Demand
- Sleep
- When we Are Together
- Summer Sun
- Inner Smile
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- So Called Friend
- Say What You Want
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- Put Your Arms Around Me