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Arch Enemy
La Laiterie @ Strasbourg
le 10/12/2006
Publié le 15/12/2019, par Guardian
C'est une laiterie bien remplie, limite pleine qui accueille ce soir les Suédois d'Arch Enemy. Les même dont le dernier passage ici remonte à la tournée rassemblant le groupe à Dark Tranquillity, In Flames et Children of Bodom. La différence, c'est que cette fois, le public s'est déplacé pour eux et que le groupe bénéficie de la tête d'affiche.

C'est Textures qui est chargé d'ouvrir les hostilités. Les Hollandais officient dans un genre deathcore totalement barré et expérimental avec du clavier et une guitare au son de bontempi. Le groupe prend pleine possession de la scène et force est de constater qu'il comble l'espace qui lui est alloué. Ils ne s'en sortent d'ailleurs pas si mal dans leur genre respectif, même si certains passages sont tellement clichés qu'insupportables. C'est notamment le cas du chant clair, qui lorsqu'il arrive, donne envie de jeter toutes les cigarettes qu'Arch Enemy à interdites de fumer dans la salle, à la tête du chanteur. Clairement un groupe qui semble profiter de la vague metalcore pour se faire un nom, et dont au final on ne retiendra pas des masses, même si on a déjà subit bien pire.

Et puis la scène se met en place : panneaux représentants des paysages chaotiques, énorme backdrop aux couleurs de Doomsday Machine, ... Et le public clairement venu pour lui s'impatiente et part dans un délire pogo/slams bien 15 minutes avant que les lumières ne s'éteignent enfin. Petite intro, et c'est parti sur "Nemesis". Constat d'entrée, le son est très très impressionnant, et personne ne s'en plaindra. Les premières notes jouées seront le déclic pour une fosse qui part dans un chaos total. Un public bouillant qu'on entendra même à de nombreuses reprises chanter les titres (pas une chose facile pourtant!).

Ce soir, Arch Enemy est en très grande forme, et ça sent à la puissance 10. Le groupe impressionne de part sa présence scénique et de son interprétation sans faille. Chose qui rend d'ailleurs sa musique bien plus agressive en live que sur cd. Mais plus encore que le simple fait de proposer un concert en béton armé, c'est sur la proximité avec son public que le groupe décide me miser ce soir. Dans cette toute petite salle, les musiciens n'hésiteront pas à venir jouer avec les premiers rangs.

Et celle qui est en première ligne pour ce travail est bien sur la frontwoman Angela Gossow, du haut de son mètre 10, qui a des couilles au moins aussi grosses! Bien que l'on peut soupçonner là dessous quelques effets vocaux, à aucun moment elle ne semble éprouver la moindre difficulté, bien au contraire. Dès la première seconde elle attrape d'une poigne la totalité de la laiterie, captivée par l'aisance qu'à la petite blonde en mini mini short et aux peintures de guerre à pousser ses disciples dans ses derniers retranchements. Et elle sait s'y prendre. Demandant un mosh pit par ci, de jumper par là, dédicassant un morceau à une frange du public bien précise pour la faire bouillir encore plus, provoquant les premiers rangs ou les gradins par des mimiques tout aussi vicieuses que chaotiques…

Les autres n'en déméritent pas moins, et il ne faut pas oublier que ce sont les frères Amott qui sont le noyau de la bande, même si aujourd'hui il n'en reste plus qu'un! Son remplaçant Frederik Akesson est d'ailleurs maintenant pleinement intégré au reste du combo. Lui, comme Michael et Daniel à la batterie auront droit à leur solo respectif, bienvenus pour reprendre un peu d'air, et si pas forcément les plus impressionnants, bien distrayants.

La set-list quand à elle est logiquement plus axées sur les albums les plus récents avec un gros plus pour le dernier en date, avec 4 titres. Puis 3 pour chacun des autres albums avec la belle au chant. Les anciens fans auront également droit à leurs petits moments de plaisir avec la bonne surprise qu'est "The Immortal", même si ils n'auraient pas craché sur un "Pilgrim".

Bien plus qu'un simple concert, Arch Enemy en l'espace de son set d'une heure dix a construit au fur et à mesure des morceaux, une véritable forteresse, et démontre bien qu'avec la persévérance, ce groupe est devenu une vraie machine de guerre.
Le rappel sera anthologique et sans pitié, avec le monstrueux "Dead Bury their Dead", et un "We Will Rise" qu'on a enfin droit dans une version live digne de son nom, même si les morceaux de Anthems of Rebellion sont très loin du niveau de ceux de Wages of Sin ou Doomsday Machine en concert.

Et pour être pro jusqu'au bout, c'est sous une ovation générale que le groupe viendra lui même décrocher et donner ses set-list au public ainsi qu'un nombre impressionnant de médiators, baguettes et autres peaux de batteries.
Un concert monumental pour un groupe d'exception. A quand le suivant?


Set-List Arch Enemy :

- Intro
- Nemesis
- Enemy Within
- Dead Eyes See No Future
- My Apocalypse
- Out for Blood
- Burning Angel
- Drum Solo
- Silent Wars
- The Immortal
- Skeleton Dance
- Guitare Solo
- Bury Me An Angel
- Ravenous
- - - - - - - - - - - - - - - - - -
- Guitare Solo
- Dead Bury Their Dead
- We Will Rise
- Enter the Machine (outro)