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Benighted Soul
Marmoutier
le 09/06/2007
Publié le 15/12/2019, par Guardian
Bon c'est vrai, en ces temps de fortes chaleurs, les déplacements ne sont pas forcément des plus motivants, mais aujourd'hui c'est pour la bonne cause d'une part, et pour l'affiche de l'autre. Seconde édition d'un mini festival organisé par un groupe local (Everlasting Night), les bénéfices de la soirée seront entièrement reversé à la lutte contre la mucoviscidose, et quand on sait que l'entrée est à 4€ et que Fairyland et Benighted Soul sont de sortie, pourquoi se priver ?


La première partie de soirée est consacrée à un panel de groupes du coin qui foulent certainement pour la plupart, leurs premières planches. On ne commentera pas ces prestations livrées par des ados boutonneux, voir préados, devant un public de familles et de copains, leur répertoire, si il ne nous est pas totalement inconnu (The Police, Muse, ...), n'étant pas vraiment dans nos cordes. Succès et moment de défoulement pour le public, dont la moyenne d'âge ne doit pas dépasser 14 ans.

Alors oui, l'affaire est loin d'être pliée d'avance pour Benighted Soul, qui, s'il jouit d'un avantage certain qu'on appelle l'expérience, n'est sûrement pas habitué à jouer devant ce type de public. C’est sans surprise donc, que le parterre est assez vide quand les Lorrains commencent leur set. Pourtant, peu à peu les regards se porteront vers la scène, et ce pour plusieurs raisons. La première, et non des moindres, est qu'ils disposent du seul bon son de la soirée. Quelques simples soucis de micro du bassiste en début de set, mais rien d'alarmant. La seconde est que la nuit tombe. Benighted profite donc du premier jeu de lumières de la journée. Un visuel appuyé par l'apparition sur scène d'un back drop à la couleur du groupe.

Voilà pour ce qui est de la partie attractive pour les novices. Parce qu'en tant qu'habitués, nous aussi on aura droit à nos petits cadeaux. Le premier est le remaniement de la set-list, qui si elle ne cède pas la place à des nouveaux titres (la faute à une discographie peu fournie), à au moins le mérite d'être dans une configuration bien plus dynamique. Plus surprenant en revanche est l'apparition de titres qui n'ont plus été joués depuis un long moment, en la présence de "Fallin' in Sin" et "Prince of Shades". Pour le moment c'est "Isis Cry" qui ouvre les hostilités, laissant place à un groupe en forme et ayant envie de convaincre.

Chose grandement facilité par le public candide présent, mais plus difficile devant des esprits critiques. Et pourtant, on ne peut le nier, Benighted Soul balance note après note, un très bon concert. Un concert musicalement très en place, ses chansons commençant vraiment à prendre les formes de la scène, et surtout un concert plein d'espoir. Si l'espace assez large de la scène peine parfois à être pleinement comblé rendant l'ensemble visuel parfois un peu vide, la musique bat son plein, et on ne peut rester de marbre face aux progrès que Benighted Soul, qui digère concerts après concerts. Et ce à quoi on pense en premier, c'est évidemment à la petite Géraldine. De plus en plus à l'aise dans ses attitudes, mais surtout dans son chant. Le chant lyrique parfois un peu monotone à été retravaillé, laissant ainsi place à une voix plus pop, pleine d'émotion, franchement très agréable et qui forcément donne un rendu bien plus varié, touchant et impressionnant. L'ensemble a pour résultat une prestation vocale vraiment exemplaire (probablement la meilleure de tous les concerts de BS auxquels votre serviteur était présent), et définitivement une voie à travailler et développer.

Avec tout ça, les classiques passent comme des lettres à la poste : "Bucephalus", "Fly", "Fairytale",... Et les autres membres y contribuent grandement. Le nouveau line-up semble vraiment être cohérent et gagne à être de plus en plus compact au fur et à mesure des prestations. Djang est lui aussi bien en forme, et est le membre le plus vif (même s'il nous confiera plus tôt être le plus fatigué) ce soir, alors que James se veut plus discret, sûrement est-ce pour cela qu'il a enlevé ses chaussures. Quand aux deux derniers, ils ont beau être en retrait leur présence se veut désormais indispensable. Les arrangements de Flav étant maintenant bien ancrés, et la frappe de Nico devenant de plus en plus carrée et appréciable, on ne peut que se dire que le combo lorrain semble plus que jamais sur la bonne voix.

Les speechs concepts d'entres morceaux rendant le tout plus carré, il n'y a désormais plus matière à confondre anciens et nouveaux morceaux, comme le petit dernier "Medeas Anger", qui pourtant se démarque toujours par un style qui lui semble plus propre, et bien moins influencé Nightwish que les débuts de Benighted Soul. Des origines dont le groupe semble plus décidé que jamais à se défaire. Pour seule preuve, un final sur "Anesidora". Ca ne vous dit rien? Et pourtant il ne s'agit ni plus ni moins que de "Benighted", remaniée à l'ordre du jour. Un jour au cours duquel on n'a peut-être pas assisté à la meilleure prestation de Benighted Soul, mais définitivement à la plus encourageante. Encore bravo et ne lâchez rien!

La soirée continue pourtant, avec les vedettes locales d'Everlasting Night. On se doute bien que le groupe n'a pas encore l'habitude des planches, en témoigne le manque cruel d'expérience et d'assurance, visible parmi 1000. Pourtant, leurs reprises d'un large répertoire heavy metal auront un effet bien distrayant. Entre les "Vain Glory Opera" (Edguy), "The Power" (Helloween), "The Spirit Carries On" (Dream Theater), "The Final Countdown" (Europe) et "Poison" d'Alice Cooper, on a là matière à pousser la chansonnette, même si il semblait bien qu'on soit 3 à connaître ces chansons. Bref, pas forcément toujours bien maîtrisé, mais avec un certain potentiel caché à travailler, on attend maintenant qu'Everlasting Night mûrisse pour les revoir, dans un endroit de connaisseurs.

Enfin, ce sont les Fairyland qui font office de headliner de la soirée. Une clôture dont on se serait bien passé. Pas qu'on apprécie pas le heavy des Français, loin de là, mais ce set va très vite tourner au cauchemar, autant pour eux que pour nous. Le soucis majeur étant un son calamiteux doublés de problèmes techniques incessants. Les deux guitares sont littéralement inexistantes, et forcément, ça la fout mal. D’autant que le groupe tente en début de set de masquer ce mécontentement derrière moult pitreries, ce qui n’arrange vraiment pas son cas. Reste que Fairyland maintiens son statut de groupe de la division supérieur avec une prestation scénique convaincante, et ce bien que la motivation s’en soit allé. Tant pis, les Français termineront tout de même leur concert dans des conditions encore pire qu’il a commencé, sur une version vraiment désuet de leur hit « Ride With the Sun ». Un moment à oublier pour tout le monde, auquel on peut s’estimer heureux de ne pas avoir assisté lors de leur tournée avec Kamelot, car contrairement à ce soir, là-bas, ça n’aurait pas pardonné.