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Tarja Turunen
Oktoberhallen @ Wieze
le 18/10/2008
Publié le 15/12/2019, par le_renard
Tôt ce samedi matin, nous essayons de nous rendre à Wieze. La plupart des gens se plaignent de la difficulté d'accès au site tellement le lieu est... "rural", et bien en effet, même avec un GPS, on n'a pas réussi à trouver du premier coup. On a fini sur des chemins de terre avec les vaches, la vraie aventure !!

Bref, après avoir visité les alentours, nous arrivons à l'Oktoberhallen, cette immense salle qui accueille chaque année depuis six ans maintenant le prestigieux festival Metal Female Voices Fest. Cette année l'affiche a beaucoup évolué, jusque dans les derniers moments. Et finalement, c'est Epica qui ce sera co-headliner avec la diva Tarja Turunen.

Nous pénétrons dans le hall, le premier groupe est déjà en train de jouer. Il s'agit des Français de Markize, gagnants du Warm-Up et emmenés par la belle Alina. C'est un groupe que nous connaissons un peu, et le_renard tenait absolument à les voir sur scène. Et bien c'est chose faite, et il n'a vraiment pas été déçu!! Visuellement d'abord : la déco du pied de micro et des instruments avec les roses et les papillons donnent une représentation visuelle originale et vraiment magnifique. Alina est bien habillée (un très chouette corset), là aussi dans l'originalité avec cette jupe si particulière : une crinoline. Et puis musicalement, ils sont à la hauteur de toute espérance. Le son est bon, les mélodies font mouche, on ressent les émotions et sensations que veut faire passer le groupe. Une nouvelle chanson « My chains » a même été jouée et nous montre l’évolution du groupe. Aussi, ils ont repris le titre phare « Can get you out of my head » de Kylie Minogue, ce qui n’a pas manqué d’originalité. La voix d'Alina est claire et juste, ses courts moments d’essouflement s’excusent car elle bouge bien, ça donne beaucoup de punch en ce début de matinée ! Markize rejoint le stand de dédicace et a fait l’unanimité. On regrette que le set n’ait pas été plus long. Défi réussi pour Markize qui avait la lourde tâche d’ouvrir le bal !

En parlant de punch, on continue dans le même registre avec le groupe suivant et toujours français : Kells.
Malgré le peu de temps qui leur avait été accordé pour les balances, Kells se met en place, investit la scène du MFVF en tant que gagnant du Warm-Up.
La scène est large et profonde, ce qui laisse beaucoup d'espace à nos amis pour s'ébrouer. Virginie, dans toute sa splendeur, chante bien, même si parfois elle s'essouffle un peu (c'est bien d'être aussi dynamique sur scène, mais il faut penser à assurer son chant derrière...) et ne chante pas toujours très juste. Il faut dire aussi que l'ingénieur son n'était pas toujours attentif pour régler le son. Les garçons qui l'entourent ne sont pas en reste, et envoient « la purée » dès le début du set. Le son est très bon, puissant et les instruments distincts. Un problème de micro interrompt le concert quelques instants, mais Virginie réagit vite et utilise celui de Patrick pour continuer. Le set est malheureusement trop court, mais on note une nouvelle chanson, "Mes Rêves", ainsi que la reprise de Kim Wilde "Cambodia". Le public est un peu trop calme, mais c'est normal, il n'est même pas midi... Toutefois, les Kells Crusaders sont là, et savent se faire entendre. Kells, c'est du lourd, ça bourrine du steak, ça casse du p'tit bois, et ça poutre sa grand-mère (pour reprendre les expressions de Virginie).

Le groupe qui suit est Atargatis. Cette formation allemande nous a laissé dans l'ensemble une bonne impression. Le timbre de voix de la chanteuse est agréable, même si quelques fois, sa voix est nasillarde. Le bassiste pousse quelques grunts, qui peuvent faire penser à ceux de Ludovic de Malmonde selon le_renard! Leur style est du Metal Symphonique Dark Gothique et est plutôt plaisant. La présence d'un violon donne un aspect particulièrement langoureux à la musique, qui n'est pas pour nous déplaire... Le son des guitares est en revanche assez rugueux, désagréable par moment. Mais dans l'ensemble, c'est une bonne prestation, le groupe dégage un bon dynamisme général.

Un creux dans l'estomac rappelle au Renard qu'il est midi passé depuis longtemps... Il "zappe" donc le groupe d'après, Edenbridge, qu’il avait déjà vu. Barquette de frites à la main, il revient tout de même assister à la fin de leur concert. Ce n’est pas grave, il y a Velvet_drap qui n’a jamais vu ce groupe. Nous aimons beaucoup Edenbridge. Ce jour là, la set-list était magnifique. Ils ont joué des morceaux de leur dernier album "My Earth Dream", mais aussi largement pioché dans leur discographie, dont le magnifique "Shine". On sentait Sabine en très grande forme, décidément, ce festival démarre sur les chapeaux de roue!

Le programme continue avec les Italiens de Macbeth. Bien qu'un peu brouillon, le son proposé par le groupe est énorme, des gros riffs et des rythmiques lourdes. Le chant est doublé ; masculin et féminin, en alternatif ou simultané. Le combo peut plus ou moins faire penser à du Lacuna Coil époque Karmacode. Le groupe est très en forme, ça headbangue dans tous les sens. Leur prestation est loin d'être mauvaise, mais il manque un petit "quelque chose", un petit "je-ne-sais-quoi" qui fait que la prestation restera dans tous les esprits pendant longtemps. Malgré toute la bonne volonté que met le groupe sur scène (le guitariste finira même le concert en gnaquant ses cordes avec les dents), ce ne sera pas le meilleur concert du festival.

Le groupe suivant aurait dû être Diablo Swing Orchestra. Malheureusement, le groupe (ainsi que Midnattsol!) est bloqué dans les embouteillages autour d'Anvers. Beaucoup de monde sont d'ailleurs arrivés tard ce jour-là, à cause de ces maudits bouchons...
Les organisateurs du festival ont bien su gérer la situation et décident donc de faire jouer Asrai, en attendant que les groupes arrivent.

Les Hollandais d'Asrai nous ont proposé un bon show Dark Electro Gothique. Avec leur look particulier, l'image du groupe est bien représentée pour qu'on les reconnaisse dix kilomètres à la ronde. Le bassiste porte un Stetson et un manteau de fourrure noir. Le guitariste est habillée en latex, et les deux jumelles (à la batterie et au chant) ont un style très gothique-collégien, avec leurs couettes et leur jupette de petite fille. En tous cas, la musique n'a rien d'enfantin, le son électro est froid et distant, Margriet utilise énormément de phénomènes d'échos et de réverbération dans sa voix. Le rythme est plutôt lent, c'est assez reposant. D'une manière générale, j'ai trouvé leur prestation bonne, mais un peu plate et moins pêchue que les fois précédentes. De plus, on aurait apprécié un peu plus de communication avec le public...

A la fin de leur concert, on nous annonce que nous sommes toujours sans nouvelle des deux prochains groupes, toujours bloqués par un trafic saturé sur les autoroutes belges. L'organisation doit alors trouver une solution de repli, et propose à Markize de rejouer sur scène. A peine commencent-ils à s'installer qu'une nouvelle annonce indique que Diablo Swing Orchestra viennent d'arriver sur les lieux.

A peine arrivés, les Suédois montent sur les planches. Connaissant leur musique originale et complètement barrée, nous avions hâte de les voir sur scène. Ils sont la révélation de ce festival. Tout le monde a été bluffé par leur prestation. La qualité est excellente, meilleure que sur album, même si toutefois quelques éléments sont manquants. En effet, on déplore l'absence de cuivres, ce qui aurait pu transformer l'OktoberHallen en immense piste de danse sur "Ballrog Boogie" par exemple. Leur style est une sorte de fusion entre jazz, rock, swing et métal. Le violoncelliste use et abuse de son archet sur son instrument, le guitariste/chanteur assure, et Annlouice donne de la voix comme jamais. Cette chanteuse d'opéra a une voix époustouflante, claire, suraigüe et diablement pénétrante. Le groupe fait vibrer toute l'assistance, et fait swinguer le public, l'ambiance est chaude dans les premiers rangs. Attention aux morceaux tels que "Heroines" ou "Poetic Pitbull Revolution"! Dommage que le set soit écourté par le planning un peu chamboulé, 20 minutes c'est trop court. Le didjeridoo n'aura même pas servi...
Nous conseillons ce groupe à ceux qui ne connaissent pas, pour l'originalité et la qualité. Nous aimerions les revoir pour un vrai concert!

Le temps passant plus vite que prévu et avec les retards accumulés, Midnattsol, qui a fini par arriver, n'aura malheureusement pas le temps de jouer. Néanmoins, de façon professionnelle et courageuse, le groupe monte sur scène pour adresser un mot d'excuse aux fans désabusés. C'est dommage. Toutefois, le groupe est resté très disponible, et a discuté avec les fans dans la salle. Ils ont tout de même donné de leur temps pour faire des dédicaces, des photos et les fans étaient plutôt ravis de ce « geste ».

Après ce concert très dansant de DSO, on change radicalement de style, avec Trail Of Tears. C'est plus bourrin, plus lourd et plus sombre. Le groupe norvégien propose une excellente prestation, le chanteur à la voix Death représentant le côté obscur, en opposition avec la belle voix cristalline de Cathrine. Dommage cependant pour l'utilisation des samples, on aurait préféré un clavier sur scène. Nous avouons avoir suivi leur concert d'un peu loin, nous n'étions pas vraiment dedans.

De nouveau, on change complètement de style avec L'Ame Immortelle. Le groupe allemand évolue dans le Metal Electro Indus. Nous ne les connaissions que très peu et nous sommes étonnés d’avoir entendu autant de guitare! Les quelques extraits que nous avons pu écouter sont très orientés Dark-Electro (tel Blutengel), mais sur scène, ils ont un gros son. Le chant est en allemand, nous apprécions le mélange des voix féminines/masculines.
Leur look étrange fait sensation: le chanteur porte des lunettes carrées et une coupe de cheveux étrange, le guitariste ressemble à mélange entre M, Einstein et un gothique, et la chanteuse porte une belle robe noire complètement déchirée. La prestation est bonne, nous aimons beaucoup le style, autant en Rock, qu'en électro ou qu'en ballades ("Liiiiife will never be the same agaaaaaain").

La soirée avançant, il est temps de penser à se restaurer avant d'attaquer les têtes d'affiche. Hop, un petit tour au stand à saucisses, une petite bière et on y retourne.

Très attendu par le public, c'est maintenant Epica qui entre en scène, sur l'intro "Indigo". Le groupe assure son show, sans pyro cette fois, mais avec autant d'énergie que la veille, voire même plus. En effet, je me suis senti plus investi dans ce concert que dans celui d'Eindhoven (le_renard a pu les voir la veille). La prestation est excellente, de qualité comme toujours, Epica est un groupe qui a l'habitude de tourner. Le show est sensiblement le même qu'à Eindhoven, à part bien sûr les feux d'artifices en moins. Toutefois, on a droit à "The Last Crusade" qui n'a pas été jouée la veille.
Un incident vient à peine troubler le concert, une fille s'évanouit dans les premiers rangs, et met assez de temps avant d'être évacuée.
Mark fait la bêtise en début de concert de comparer Rockers et Métalleux, en disant grosso modo que la place est aux Métalleux... Ce qui ne plait pas forcément à tout le monde, le public étant très hétérogène...
Simone est resplendissante, avec son bustier qu'elle n'arrête pas de remonter toutes les deux minutes…^^
Coen porte un tee-shirt marqué d'une inscription qui le caractérise bien (ou pas!): "Epica's sexiest". Les autres membres du groupe sont fidèles à eux-mêmes, Ad restant un peu en retrait mais assurant ses solos, Yves esquissant juste un semblant de sourire à un moment donné (pendant que la fille faisait son malaise…).
Bref, la prestation est bonne, mais classique et sans surprise. Quelqu’un qui a déjà vu Epica, ne voit rien de neuf, mais il faut tout de même avouer que Simone a fait d’énormes progrès et tient mieux ses notes. On comprend tout à fait car la belle bouge beaucoup moins qu’auparavant !

Il est maintenant temps de passer au dernier groupe du festival. Le public trépigne d'impatience, d'autant plus que l'installation du matériel prend beaucoup de temps... Les techniciens dressent un grand rideau blanc, cachant la scène, et s'affairent de l'autre côté.

Au bout d'un temps qui parait interminable (la fatigue se fait sentir), les lumières s'éteignent enfin. Le public exulte. L'intro, toujours derrière le rideau blanc, est celle de "Boy And The Ghost", très belle ballade. La voix de Tarja perce le rideau, la diva s'approche lentement, on voit son ombre se profiler sur l'immense rideau. Après deux couplets chantés derrière son écran blanc, la musique "explose" enfin, le rideau tombe, et la magie commence. La belle Tarja apparait, sous les acclamations hystériques du public. Il est vrai que l'entrée en scène est magnifique, et tout le long du concert, on n'aura que ce mot à la bouche: "magnifique".
L'ex-chanteuse de Nightwish est telle qu'on la connait, il sera inutile de s'attarder à décrire cette voix, reconnaissable entre mille. Elle est dans une forme incroyable, bouge beaucoup, pratique même le headbang à outrance. Elle fait participer le public et échange sourires et clins d'œil complices avec les fans. On la sent très à l'aise, bien plus qu'elle ne l'était à l'époque avec Nightwish. En parlant de Nightwish, Tarja reprendra en tout quatre morceaux, et pas des moindres, "Passion And The Opera", "Overs The Hills And Far Away", "Dead Gardens" et l'excellentissime "Wishmaster". Le reste de son set est constitué des chansons de son album solo "My Winter Storm", les titres tels que "Lost Northern Star", "Die Alive" ou "Poison" filent des frissons dans le dos, ou arrachent des larmes à certain(e)s. Les musiciens dont elle a su s'entourer ne sont pas les derniers venus, tous sont extrêmement talentueux. On remarque tout de suite le batteur, Mike Terrana (du groupe Rage), derrière son énorme kit de batterie, qui bourrine comme un monstre dévastateur. Ce type est fabuleux. En général on s'ennuie un peu pendant les solos de batterie, mais avec lui, on en redemande!! Il arrive à jouer debout, et même à jouer en jonglant avec ses baguettes. Sa frappe est précise et puissante, une tuerie.
Tarja changera de tenue deux ou trois fois pendant le concert, la ballade au piano devant le backdrop étoilé est de toute beauté.
Résolument, ce sera le meilleur concert du festival.

Le temps passe vite (trop vite), et déjà, on arrive à la fin. Tarja conclut cette édition du MFVF en beauté, elle nous laissera rêver encore longtemps après...

La salle se vide progressivement, on rassemble les troupes (venues nombreuses!!) et on regagne l'hôtel ou la voiture pour d’autres.

Rendez-vous l'année prochaine pour un nouveau MFVF!!


Par le_renard, Velvet_drap