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Ayin Aleph
La Scène Bastille @ Paris
le 07/04/2009

photos
Publié le 14/12/2019, par le_renard
Avec une simplicité déroutante, l'artiste entre en scène et s'installe au clavier, dans un silence quasi religieux. Elle entame aussitôt l'intro au piano, suivi d'un morceau bien lourd pour mettre dans l'ambiance de ce qui allait suivre...
Ne connaissait que peu Ayin Aleph, j'allais tout découvrir ce soir.

Le premier morceau joué est "My Bloody Marriage", un titre monumental, ce qui se fait de mieux dans le malsain, pour lequel d'ailleurs un clip a été réalisé. La musique est une sorte de rock métal lourd, sombre et romantico-dramatique, parfois avec de fortes influences baroques. La particularité est le chant d'Ayin, qui explore plusieurs voies non conventionnelles. En effet, la chanteuse part dans le lyrique, dans le murmuré, dans le crié, le tout avec une maitrise extraordinaire... Ce type de chant lyrico-déjanté peut dérouter certaines personnes, ça part dans tous les sens, mais toujours avec un très grand savoir-faire. Cette voix si distinctive provoque plusieurs types d'émotions selon le message à faire passer, selon l'état d'esprit de la chanson jouée. J'ai ressenti différentes vagues d'émotions, avec cette voix qui peut se montrer à la fois douce et réconfortante, spectrale et effrayante, puissante et agressive.
La musique quant à elle est assurée par des musiciens d'exceptions, participant au projet de façon temporaire. On reconnait l'excellentissime bassiste/compositeur Jean-Jacques Moréac (de Misanthrope) à la basse, George Stergiou à la guitare et un batteur (Tomek Grochowski si ma mémoire est bonne).
Outre la musique un peu barrée, le coté visuel est évidemment très présent, avec les robes d'Ayin, ses mimiques et sa gestuelle théâtrale. Après deux chansons seulement, Ayin profite d'un interlude musical pour changer déjà de robe. Elle recommencera l'opération plusieurs fois pendant le set, avec à chaque fois des tenues de plus en plus sexy, mettant en avant ses formes généreuses et laissant parfois apparaitre ses sous-vêtements. Près de la fin, pendant le solo de batterie, elle enfilera un costume tout taché de rouge et reviendra sur scène le visage complètement barbouillé de (faux?) sang, pour entamer "Greed".

Ayin Aleph, c'est du métal délirant autant sonore que visuel. Complètement allumée, cette fille a une voix superbe, et une attitude sur scène originale. Elle boit du vin rouge directement au goulot. Elle ouvre de grands yeux à faire peur et te fixe intensément. Elle danse, elle saute, et se traine par terre.

Toutefois, autant j'ai pris un pied terrible sur le premier morceau, autant ça commemçait à tirer en longueur sur la fin. c'est sympa, mais à petites doses. Ce genre de musique ne pourra évidemment pas plaire à tout le monde... Il faut une certaine ouverture d'esprit pour comprendre toutes les subtilités de cette musique tordue. Mais c'est à voir au moins une fois dans sa vie ;-)

Les photos du concert